Melvil Poupaud (Dans l’ombre) : « J’ai surtout appris que les hommes politiques sont des acteurs et qu’ils ne sont pas tous bons »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:31
DEUXIEME LIGNE FILMS/ELZEVIR FILMS/FTV
INTERVIEW. Dans ce thriller politique en six épisodes, adapté du roman éponyme de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe et Gilles Boyer, le comédien incarne un candidat à la présidentielle confronté à un complot.

Qu’est-ce qui vous séduit dans le personnage de Paul Francoeur, candidat à l’élection présidentielle ? 

Melvil Poupaud : Pouvoir jouer sur un registre que je n’avais jamais abordé : l’autorité. Francoeur est un personnage charismatique qui, tout en étant cloué dans un fauteuil roulant à la suite d’un accident, dégage une force qui inspire le respect. C’était un vrai challenge d’interpréter cette ambivalence. Au départ, je craignais de ne pas être à la hauteur, et puis, très vite, je me suis aperçu que je dominais les autres tout en restant assis. Ça m’a beaucoup aidé. 

D’où lui viennent cette force et cet allant ? 

C’est un homme qui a traversé des drames. Il a perdu sa femme lors d’un accident. Et comme disait Nietzsche : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. » Il a su trouver la force de se reconstruire. 

Qu’est-ce qui l’attire autant dans le pouvoir ? 

Francoeur a eu une vision. Il est persuadé qu’il a un destin national, qu’il peut améliorer les choses pour son pays. Il apparaît comme un homme intègre, une vertu assez rare en politique et, pourtant, on doute de lui. Tout le suspense de la série repose sur la suspicion. Jusqu’à quel point peut-on avoir confiance en lui, ainsi que dans les membres de son équipe de campagne ? C’est cette ambiguïté qui était intéressante à jouer : le rendre sincère tout en réussissant à semer le doute à travers un regard, une parole, une attitude. 

Le binôme que Francoeur forme avec César Casalonga (interprété par Swann Arlaud), son conseiller, est au centre de l’intrigue. Comment s’est passée votre collaboration ? 

Nous incarnons un peu les auteurs du roman, Gilles Boyer et Édouard Philippe, le premier ayant été le conseiller du second lorsque celui-ci était Premier ministre. Je connais Swann Arlaud depuis très longtemps. Nous avions tourné ensemble à deux reprises : dans L’Autre Monde, de Gilles Marchand, en 2010, puis dans  Grâce à Dieu, de François Ozon, en 2018. Je l’ai toujours vu comme un petit frère très doué. Il y a entre nous une forte complicité. 

"J’ai d’ailleurs eu du mal à trouver un modèle"

Qu’avez-vous appris sur le monde politique avec cette histoire ? 

Je ne suis pas quelqu’un d’engagé politiquement. Je suis de ceux qui considèrent que l’avis d’un artiste importe peu. J’ai surtout appris que les hommes politiques sont des acteurs et qu’ils ne sont pas tous bons. Certains sont peu convaincants. J’ai d’ailleurs eu du mal à trouver un modèle. J’ai constaté que la plupart sont mal à l’aise en meeting, empruntés ou mal fagotés. 

Après avoir incarné un candidat à la présidence de la République, on va vous retrouver au cinéma dans le rôle d’un escroc… 

J’ai tourné une comédie, Les Règles de l’art, réalisée par Dominique Baumard, qui sortira au printemps, basée sur l’histoire vraie d’un vol de tableaux du musée d’Art moderne de Paris en 2010. L’intrigue est centrée sur le trio de voleurs qui a dérobé pour 100 millions d’euros d’oeuvres d’art, signées Picasso, Matisse, Modigliani… Ne sachant pas comment les fourguer, ils les ont balancées à la poubelle. Je joue le plus foireux des braqueurs. (Rires) 

Dans l’ombre, mercredi 30 octobre à 21h00 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui