Dans l’ombre (France 2) : Karin Viard révèle la femme politique de droite qui a inspiré son personnage (EXCLU)

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:33
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS
Le 30 octobre prochain, Karin Viard sera à l’affiche de Dans l’ombre, sur France 2, série sur les arcanes d’une campagne présidentielle, d’après le roman d’Édouard Philippe et Gilles Boyer. L’actrice y incarne avec panache une figure ambitieuse et féroce de la droite républicaine. Franche et généreuse, elle évoque son rôle, la place des femmes, ainsi que la sienne.

C’est la première fois que vous jouez dans une série. Avez-vous lu le livre qui l’a inspirée avant de sauter le pas ?

Karin Viard Non, j’ai lu directement le scénario avec le réalisateur, Pierre Schoeller (L’Exercice de l’État, en 2011, ndlr), qui me proposait le rôle de Marie-France Trémeau. J’étais très intéressée, mais je trouvais qu’elle n’avait pas assez d’espace pour se déployer de façon subtile. Je lui ai dit que j’acceptais avec joie, mais qu’il fallait me donner plus de scènes. Il m’a entendue, et mon personnage se développe dans le quatrième épisode.

Avez-vous pu échanger avec Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre ?

Oui, parce qu’avec Gilles Boyer (son conseiller, lorsqu’il était à Matignon), ils venaient sur le tournage. Je me souviens d’une réponse qu’il m’a faite, que j’adore : « En politique, tant que tu n’es pas mort, tu es toujours vivant. » Et donc, ça veut dire que tu peux toujours revenir. Est-ce que Michel Barnier aurait pu penser, il y a un an, qu’il deviendrait Premier ministre ? Jamais de la vie !

Karin Viard s’est inspirée de Rachida Dati

Vous jouez Marie-France Trémeau, qui défend une politique radicale, face à son adversaire aux primaires de la droite, Paul Francœur, (Melvil Poupaud), qui est plus modéré. Comment vous l’êtes-vous représentée ?

Il y a quelques années, Cécile Duflot, qui était ministre du Logement, a été sifflée à l’Assemblée nationale pour la robe qu’elle portait (en juillet 2012). Heureusement, grâce à #MeToo, aux mouvements féministes, c’est en train de changer. Mais on peut imaginer qu’une femme de mon âge, qui a fait carrière, a dû être plus combative, plus ambitieuse, plus méritante, même, qu’un homme, pour avoir simplement le droit d’exister. Marie-France, je l’ai voulue comme ça : très « animal politique ».

Parlons modèles. En aviez-vous ?

Je n’étais pas d’accord avec Pierre Schoeller, qui avait en tête une femme politique précise. Il était important pour moi d’en faire un personnage vraisemblable, mais pas forcément existant. J’ai pensé qu’elle pouvait être dans le style de Rachida Dati. Quand celle-ci est arrivée dans le paysage politique, elle détonnait : elle portait des stilettos, elle était très mode. Ça m’intéressait de façonner Marie-France à partir de quelqu’un comme elle, qui affirme sa féminité, dans une forme d’agressivité. J’ai demandé à être en cuir, en daim, avec des bottes… et on m’a rajouté un énorme chien ! Je trouve ça plus marrant dans cet univers d’hommes, extrêmement misogyne.

L’interview de Karin Viard est à retrouver en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 14 octobre.

Par
Isabelle Magnier