Noah Deric (Les Bracelets rouges) : « Le harcèlement est présent partout, pas qu’à l’école »

Publié le 18 septembre 2023 à 13:32
PHILIPPELEROUX/VEMA/TF1
Dans Les Bracelets rouges, nouvelle génération, dont la suite est diffusée ce lundi soir sur TF1, Noah Deric incarne un jeune ado devenu aveugle après un accident de surf. Un nouveau venu à l’hôpital qui est loin d’être un étranger pour Gabriel (Noé Wodecki).

D’où vient votre envie d’être comédien ?

C’était un peu un rêve d’enfant d’être acteur, comme quand on dit "je veux être astronaute ou pompier". Ce n’était rien de très concret, surtout que dans ma famille, c’est les études avant tout. J’avais donc mis le métier de comédien de côté. Mais de fil en aiguille, j’ai fait du mannequinat et j’ai fini par avoir le contact d’un agent de comédien. Je l’ai rencontrée et elle a cru en moi. J’ai enchaîné les castings et c’est comme ça que je me suis formé. J’avais des coachs mais je n’ai pas fait d’école. J’ai eu mon premier rôle il y a un peu plus d’un an dans la quotidienne Un si grand soleil de France 2 (il jouait Lucas, ndlr). Je suis resté environ un an puis j’ai joué dans Joséphine, ange gardien et deux semaines après dans Les Bracelets rouges.

Comment avez-vous appréhendé le handicap de votre personnage ?

Au début, peut-être que je minimisais un peu les choses. Je ne me rendais pas vraiment compte de tout ça quand on m’a demandé de jouer un aveugle. Je me suis inspiré de ce que je voyais dans les films, je regardais un peu partout , j’essayais d’être très instable. Mais plus j’avançais dans le tournage, plus je me suis rendu compte qu’il fallait rendre ça réaliste. Ce rôle a été une vraie formation : j’ai appris à ne pas jouer avec mon regard mais avec mon corps.

Avez-vous pu mettre un peu de vous dans votre personnage ?

Oui et c’était bien de s’inspirer un peu de nous. Les personnages sont une fusion entre ce qu’on nous a proposé et qui nous sommes. On s’est appropriés les répliques de djeunes et on parlait comme on le faisait entre nous sur le plateau. On gardait l’intention de la scène mais on essayait de faire avec ce qu’on avait en nous.

Nathan, votre personnage, est lié à un problème de société très important, le harcèlement scolaire…

Dire que Nathan s’est fait avoir (en suivant ses amis qui harcelaient, ndlr) minimiserait la chose. Il a été suiveur mais il est fautif car il a participé à ce harcèlement. J’ai adoré ce personnage pour ça, car on parlait de ce sujet très présent pas seulement à l’école mais partout. Je voulais que mon personnage, au début, garde cette naïveté qu’il avait du harcèlement. Lui, il s’amuse avec ses amis et fait des blagues. Il ne se rend pas compte de l’impact que ça peut avoir sur Gabriel.

Comment avez-vous vécu le fait de travailler avec deux réalisateurs différents, Xavier De Choudens et Fabien Gorgeart ?

Ça a été un peu compliqué. Pour moi, ce sont deux tournages différents. La perception des maladies n’est pas la même selon le réalisateur. L’un voulait mettre certaines choses en avant, d’autres non. On a dû s’adapter.

Dans le premier épisode Nathan et Benji font la liste des choses à faire avant de mourir. La vôtre ce serait quoi ?

J’ai déjà écrit une liste ! J’avais beaucoup le vertige mais j’adorais l’adrénaline comme les manèges. Je me suis dit que si je savais que j’allais mourir, je ferais un saut en parachute. C’était le truc un peu ultime pour moi à l’époque. Maintenant, ça m’impressionne un peu moins. Là, à l’instant T, ce serait peut-être un saut sans parachute pour voir ce que ça donne (rires). Certains sautent avec des ailes. J’ai un truc avec le ciel je crois. L’humain a toujours voulu voler alors je vais essayer !

La série a été présentée en avant-première en mars dernier à Séries Mania. Comment s’est passée cette première rencontre avec le public ?

J’avais beaucoup d’appréhension car je ne suis pas une personne très à l’aise en public. Sur un plateau, il y a une ambiance un peu familiale et je suis bien. Mais j’ai peur de ce qui vient après, tout ce qui touche à la promo. Mais les spectateurs étaient adorables. La première chose qu’on a entendue c’est qu’ils ont adoré ce qu’on a fait. C’est merveilleux !

Par
Pauline Hohoadji