«La maladie construit et fait grandir » : les confidences de Kali Boisson et Léo Lorléac’h sur Les Bracelets rouges, nouvelle génération

Publié le 11 septembre 2023 à 16:57
PHILIPPELEROUX/VEMA/TF1
Dans cette saison 4 des Bracelets Rouges à voir ce lundi soir sur TF1, Léo Lorléac’h joue un adolescent atteint d’une maladie dégénérative incurable tandis que Kali Boisson incarne une jeune malade en attente d’une greffe de rein. Des rôles sur lesquels ils se sont confiés à Télé 7 Jours lors de Séries Mania 2023.

D’où venez-vous ?

Kali Boisson (Emma) : Je viens d’un petit village et je suis montée à Paris. C’est là que j’ai découvert le harcèlement scolaire et le théâtre qui m’a permis de m’enfuir de tout ça et d’élever ma voix.

Léo Lorléac’h (Benji) : J’ai regardé à La Cinémathèque La Guerre des boutons à 7 ou 8 ans, celle d’Yves Robert. Au même moment, il y avait le casting pour une nouvelle version. J’ai eu envie d’y participer et j’ai envoyé une photo. Je n’ai pas été pris mais ma photo a circulé et j’ai passé des castings. J’aimais ça donc j’ai continué et j’ai travaillé sur quelques films. L’expérience qui m’a le plus marqué, c’est jouer Jérémie Elkaïm jeune dans Marguerite et Julien de Valérie Donzelli. C’est le premier rôle qui détonnait comparé à ce que j’avais pu faire avant. Lorsqu’on est un enfant dans le cinéma français, on joue beaucoup des personnages qui n’ont pas grand-chose à défendre dans des films familiaux. Là, ce n’était pas le cas et ils m’ont même permis de monter les marches du Festival de Cannes. Je me suis dit que j’aimais vraiment ce métier parce que c’était tellement de bonheur. C’est tellement fou de jouer des rôles !

Que représente pour vous Les Bracelets rouges, nouvelle génération ?

Léo : Travailler sur cette série, sans pouvoir bouger mon corps, m’a permis de beaucoup évoluer. J’ai appris à jouer avec mes yeux, à utiliser ma voix, à faire des tonalités différentes, à être moins dans les mimiques et les gestes… Alors que pour un comédien le mouvement est très important… Pour le jeu d’acteur, ce rôle est l’un des meilleurs que j’ai pu avoir.

Kali : Contrairement à Léo, je ne suis pas un "vieux de la vieille" (rires). Les Bracelets rouges, c’est mon premier tournage. J’ai découvert l’ambiance, la concentration, le rythme, le passage des scènes… J’ai rencontré des personnes géniales, comme Blandine Bellavoir qui joue ma mère et qui se confiait sur son travail entre deux séquences. Il y eu une vraie alchimie, c’était très agréable. Je me suis beaucoup nourrie d’elle.

Léo : Nous sommes tous comédiens. Même si j’ai tourné avant, j’apprendrai toujours de ceux qui m’entourent, qu’il s’agisse des adultes de la série ou même de mes camarades. J’ai toujours l’impression d’être en bas de l’échelle. Noé (Wodecki, qui incarne Gabriel, ndlr) et Kali viennent par exemple du théâtre. Ils avaient une approche différente et j’ai aimé observer leur jeu.

Quelles sont les différences ?

Kali : Au théâtre, il y a un besoin d’intensité car on ne peut faire la scène qu’une fois. Sur le tournage, je me suis donc dit qu’il fallait que ce soit réussi dès le départ.

Léo : J’ai vraiment remarqué cette intensité, le fait de tout jouer à 200% là où dans mon jeu, je vais peut-être essayer de faire passer les choses de manière différente. J’ai pioché dans mon jeu et dans le leur. Il fallait vraiment être dans l’observation et être à l’écoute. Nous nous sommes tous épaulés sur le tournage. Blandine et Kali s’écoutaient. Même chose avec mes mères (Emilie Caen et Samira Lachlab). Les scènes avec elles sont mes préférées.

Dans le premier épisode, Benji et Gabriel font la liste des choses à faire avant de mourir. Quelle serait la vôtre ?

Léo : Avant de mourir ? J’espère que ça n’arrivera pas demain (rires) ! Je ne sais pas si j’en ferai une car je suis dans l’instant. En rentrant de vacances avec un ami, par exemple, il m’a demandé si j’étais partant pour repartir. La semaine suivante, on campait quelque part en France. Ma liste c’est : attend que les choses arrivent et prend-les comme elles sont. Je n’ai pas vraiment d’objectif de vie.

Kali : je suis d’accord. Un être humain est en constante évolution. Ce qu’on dit aujourd’hui ne sera peut-être plus valable dans quelques années. On pense faire des choses avant de mourir alors qu’il faudrait en faire quand on est encore vivant…

Léo : Si je ne devais noter qu’une chose, ce serait de profiter de la famille. Je me mets à la place de Benji… Je trouve dommage d’attendre d’être proche de la mort pour faire un saut à l’élastique par exemple.

Comment avez-vous construit vos personnages ?

Léo : Kali m’a conseillé de visionner Patients de Grands Corps Malade et Mehdi Idir. Mais je ne l’ai pas fait. J’avais du mal à regarder l’interprétation d’une autre personne sur la maladie. J’ai regardé des documentaires, des vidéos YouTube. Je voulais m’approprier les choses.

La série a-t-elle changé votre regard sur la maladie ?

Léo : Je suis hypocondriaque et j’avais peur de la maladie. C’est toujours le cas d’ailleurs. Quand elle arrive dans votre vie, je pense malgré tout qu’elle construit plus qu’elle ne détruit. La série est tournée dans un hôpital et j’ai pu parler avec un jeune en fauteuil qui faisait du basket dans une très bonne équipe. Je crois qu’il a découvert ce sport quand il est devenu handicapé. Il a découvert quelque chose qui l’a amené à un sommet et qu’il n’aurait pas fait avant.

Kali : J’ai déjà été hospitalisée car je suis épileptique. Léo a raison : la maladie te construit et te fait grandir sur plein de choses. La maladie est là mais si tu mets ta vie autour d’elle, tu ne t’en sortiras pas. Psychiquement, elle va grossir. Pour moi, la maladie est un aléa dans une vie.

Par
Pauline Hohoadji