Les confidences de Benjamin Voisin, Jérémie Renier et Lyna Khoudri sur Carême (Apple TV+) : « La cuisine est reliée à la séduction et la sensibilité »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 13:47
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Apple TV+ a mis en ligne ce mercredi sa nouvelle création française Carême, une série en partie réalisée par Martin Bourboulon qui raconte la montée en puissance aussi bien dans le monde de la gastronomie que de l’espionnage d’Antonin Carême, un jeune chef talentueux. Benjamin Voisin (Carême), Jérémie Renier (Talleyrand) et Lyna Khoudri (Henriette Mahy de Chitenay) se sont confiés à Télé 7 Jours sur cette grosse production en costumes lors d’une rencontre organisée en mars dernier à l’occasion de sa présentation en avant-première à Séries Mania 2025.

Comment garde-t-on l’équilibre entre l’instinct de l’acteur et la cohérence historique ?

Jérémie Renier : Il faut trouver le juste milieu. Certains personnages sont un peu plus emblématiques dans l’histoire, comme Talleyrand (qu’il incarne, ndlr), car il existe de nombreuses biographies sur eux. Quand Martin Bourboulon m’a proposé la série, il m’a très vite précisé qu’il avait envie de moderniser cette histoire et de faire un pas de côté. Je me suis dit que nous allions avoir un peu de liberté pour sortir un peu du personnage un peu convenu que j’avais en tête. J’avais envie de créer des choses et de m’amuser au-delà de ce qui était déjà présent. L’envie de presque faire de Tailleyrand une icône pop est arrivée très vite.

Benjamin Voisin : Moi, je ne saurai vous répondre. Parler du jeu d’acteur est très difficile. On aimerait tous que ce soit un truc mathématique, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Pour jouer Antonin Carême, J’ai créé en amont un endroit imaginaire qui est devenu mon espace de jeu et qui respecte assez l’époque. Mais c’est aussi intéressant de jouer des personnes modernes. Moi, j’essaie juste de jouer le mieux possible.

Jérémie Renier : Le mieux possible, ce n’est déjà pas évident pour lui (rires).

Benjamin Voisin (plaisantant) : Ça demande un certain nombre de prises et ça coute cher. C’est simple en fait : pendant 4 heures on tourne la série, puis après ils ne s’occupent que de mes plans en disant qu’ils vont essayer de me rendre bon maintenant (rires). 

Et vous Lyna Khoudri, comment avez-vous préparé ce rôle d’Henriette Mahy de Chitenay ?

Lyna Khoudri : Je suis d’accord, nous avons essayé d’y mettre un peu de modernité. C’est un entre-deux. Effectivement, on ne peut pas parler ou marcher comme quelqu’un de notre époque. Beaucoup de choses changent avec le décor ou les costumes. Ce sont des personnages historiques qui ont vraiment existé, il faut le respecter et rester fidèles à ce qu’ils étaient même si on injecte un peu de modernité. 

L’importance de la nourriture dans Carême d’Apple TV+

Au-delà du parcours d’Antonin Carême, la série met aussi en lumière combien la nourriture peut faire ressurgir un souvenir marquant… Quel plat vous fait cet effet ?

Benjamin Voisin : La série a un vrai pouvoir, celui de montrer la magie que peut procurer la cuisine. Je trouve que c’est un aspect dont on ne parle pas assez et qui est pourtant miraculeux. On arrive à un truc quasiment sentimental avec certains plats.

Jérémie Renier : Je suis tout à fait d’accord avec toi. La cuisine est vraiment très vite reliée à la séduction et la sensibilité. Dès que tu cuisines, que tu coupes ou regardes un aliment, tu as cette même gestuelle. Certains plats peuvent rappeler une partie de ta vie ou un souvenir passé, comme les plats de ta grand-mère qui te replongent dans une époque ou un moment précis de ta vie…

Carême dit : "Si Dieu m’a donné un talent, c’est pour que je l’utilise". Et vous, à quel moment avez-vous décidé de faire de votre talent votre métier ? 

Lyna Khoudri : La comédie, c’est juste une passion. Nous sommes très, très chanceux de pouvoir faire un métier que l’on aime, qui n’est pas commun et qui est très difficile d’accès. Nous avons tous fait des écoles et espéré un jour pouvoir en vivre. Et on a eu la chance d’être regardés. Chaque nouveau projet est un bonheur.

Benjamin Voisin : On peut dire, par exemple, que deux acteurs sont talentueux mais la vérité, c’est que ce n’est qu’une question de travail. Ce qui est beau, c’est que la série le montre. Je ne sais pas si c’est du talent, mais Antonin, comme chaque artiste, a une vision. Les comédiens sont dépendants du désir des metteurs en scène. Antonin, comme les cuisiniers, est dépendant de la maison pour laquelle il cuisine. On parle quand même de Napoléon là ! Mais malgré tout, il va au fond de sa pensée et de son énergie. Et il croise des personnes comme Talleyrand qui vont l’accueillir et lui proposer d’aller au bout de sa vision. 

Quelle relation justement entretient Antonin avec Talleyrand ?

Benjamin Voisin : Cette relation est celle qui évolue le plus dans la série. Elle est vraiment amenée à passer différents statuts. J’espère que les gens vont aimer voir ces deux personnages se renifler à la manière d’animaux puis s’adoucir ou encore s’accepter. Mais il y a d’autres belles relations dans la série même si certaines ne sont pas évidentes. Lorsqu’Alice Da Luz (Agathe) et Lyna se regardent, il se crée quelque chose même si elles ont peu de scènes ensemble 

Vous seriez partants pour une saison 2 ?

Jérémie Renier : Si le public apprécie la série, peut-être qu’il y aura une saison 2. Nous on a très envie d’y participer à nouveau. C’est la première fois que je fais une série. C’est très jouissif de suivre un personnage aussi longtemps et c’est grisant de m’imaginer le retrouver et reprendre sa démarche après avoir fait d’autres films ! 

Benjamin Voisin à Lyna Khoudri : Tu as déjà tourné une suite de série toi ? 

Lyna Khoudri : Non, il n’y a eu qu’une saison de la série Les Sauvages (Canal+). J’ai un peu vécu ça pour les films Les Trois Mousquetaires (de Martin Bourboulon, ndlr) parce qu’on en a tourné deux (Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan et Les Trois Mousquetaires : Milady, ndlr) même si nous les avons enchaînés. Avec Carême, j’adorerais que tout le monde me demande ce qu’il se passe après et donc de pouvoir suivre ces personnages.

L’avis du casting de Carême (Apple TV+) sur le réalisateur Martin Bourboulon

Quel réalisateur est Martin Bourboulon ?

Lyna Khoudri : Je l’adore vraiment. Carême est le troisième projet que je tourne avec lui. J’aime à quel point il plonge dans de nouveaux univers à chaque fois. Il n’a pas peur d’y aller ! On sent qu’il est un vrai fan de cinéma. Sur un plateau, il est comme un enfant qui s’amuse vraiment. Et il aime beaucoup les acteurs à tel point qu’il passe des nuits à essayer de jouer.  

Benjamin Voisin : Si vous aimez Martin Bourboulon, le réalisateur, attendez de le voir acteur (rires) ! Dans deux ans, il est prêt à être sur le marché ! Ce qui est vraiment très fort chez lui, c’est qu’il a compris ce qui marche aujourd’hui. Il a l’œil ! Je trouve son regard au montage très intéressant, encore plus quand il y a une plateforme comme Apple TV+ qui arrive en lui proposant une fiction d’époque avec des moyens ambitieux. On aurait pu avoir quelque chose de davantage poussiéreux, lent et respectueux de l’époque. Mais pas avec lui. Avant que je finisse de dire une phrase, il a déjà fait quatre fois le tour de la caméra ! Il fait de nouvelles propositions de cinéma.

En recevant votre César de meilleur espoir masculin en 2022 pour Illusions perdues, vous disiez Benjamin que vous aviez toujours eu peur de la célébrité. Ce sentiment était-il toujours là au moment de dire oui à une telle série diffusée dans le monde entier grâce à Apple TV+ ? 

Benjamin Voisin : Avant, ça me faisait flipper. Mais maintenant, ça m’est un peu égal. J’ai dit ça lorsque je devais avoir 20 ans, maintenant j’en ai 28. Certaines angoisses se sont calmées.  Ce qui m’intéresse là, c’est de pouvoir raconter quelque chose sur 6 heures et prendre mon temps, là où au cinéma, il faut que certaines choses passent en quelques séquences seulement. Avec l’épisode 4 de Carême, on montre par exemple qu’il peut y avoir tout un épisode sur une émotion. Dans une série, j’ai le temps d’exprimer des choses. Je peux même parfois ne quasiment pas jouer dans des scènes. Je me dis que là, le public n’a pas besoin tout de suite d’informations ou d’émotions.

Carême est à voir depuis ce mercredi sur Apple TV+

 

 

 

Par
Pauline Hohoadji