Grégory Fitoussi : « Erica est l’antithèse d’une série d’Olivier Marchal »

Publié le 20 janvier 2025 à 10:44
© Thierry Langro/POTOMAK FILMS/TF1
INTERVIEW. Dans cette série, adaptée de la saga de best-sellers de la Suédoise Camilla Läckberg, l’acteur forme un duo complice et complémentaire avec Julie de Bona.

Etiez-vous familier avec les oeuvres de Camilla Läckberg, lorsque vous êtes arrivé dans cette série ? 

Grégory Fitoussi : Non, et, même après avoir intégré le projet, j’ai choisi de ne pas lire les romans. Le réalisateur, Frédéric Berthe, m’avait déconseillé de le faire, notamment parce que mon personnage, Patrick Saab, est celui qui a le plus évolué, par rapport aux livres. Ça aurait pu m’induire en erreur. 

Patrick porte des tee-shirts, des sweats à capuche… On est plutôt habitué à vous voir en costume, dans des rôles d’avocat ou d’homme politique ! Ça vous fait du bien, un tel changement de registre ? 

Oui ! J’avais envie de faire vivre Patrick dans son écosystème, dans le sens où, après avoir été flic à Lyon, il se retrouve dans le petit village de Port-Clément. On comprend rapidement qu’il est dans une phase de sa vie où il ne se passe pas grand-chose. Ses tenues à la cool sont cohérentes avec ce mode de vie. Et le meurtre du premier épisode va le remotiver dans son travail. 

"Ça m’amuserait beaucoup de poursuivre dans le rôle de Patrick"

Du coup, dans la vie, êtes-vous plus proche d’un Patrick Saab ou d’un Pierre Clément, le procureur que vous incarniez dans Engrenages ?

Je dirais que je me situe juste au milieu. Patrick a un côté puéril. Moi aussi je cultive cette part d’enfance, qui n’était pas du tout présente chez Pierre Clément par exemple. Il y a toujours une facette où on se reconnaît dans un personnage et que vous essayez de développer, tandis que vous devez mettre de côté d’autres aspects de votre personnalité.

À ce jour, il existe onze romans mettant en scène Erica et Patrick. Voyez-vous ce dernier comme un personnage que vous pourriez porter sur le long terme

Avec mon expérience d’acteur, j’ai appris à prendre les choses au jour le jour. Tout dépend de tellement de paramètres ! Je crois que les scénaristes se penchent déjà sur les six prochains épisodes, mais, évidemment, c’est le public qui décidera s’il a envie de voir une suite ou pas. En tout cas, moi, ça m’amuserait beaucoup de poursuivre dans le rôle de Patrick. Le principe d’une première saison, c’est de poser les intrigues et les personnages. À la fin, j’espère que l’on aura envie d’en savoir plus sur eux et de les voir dans des situations encore plus rocambolesques. 

"On est l’antithèse d’une série d’Olivier Marchal"

Contrairement à certains acteurs, vous n’avez pas joué beaucoup de rôles de policier jusqu’ici… 

Effectivement, j’en ai évité pas mal, notamment parce que je trouve que l’on en fait beaucoup, et que c’est difficile de se renouveler. Là, ce qui me plaisait, c’est que l’on a abordé ces enquêtes policières d’une façon nouvelle, légère. On est l’antithèse d’une série d’Olivier Marchal, par exemple, dans le sens où l’on n’est pas du tout dans un souci de réalisme. C’est autre chose, dans un genre que les Américains savent très bien faire, d’ailleurs ! Martin Rea, le producteur, parle de « sucré-salé », car c’est un mélange de deux genres opposés : le polar et la comédie. Donc, ça m’amusait, comme ça me plairait aussi beaucoup de faire une série avec Olivier Marchal ! Moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant le rôle, mais l’univers dans lequel on le transpose. 

Comment s’est passée cette première collaboration avec Julie de Bona ? 

Très bien ! C’est drôle, car on a longtemps eu le même agent, Rosalie Cimino, qui n’arrêtait pas d’essayer de nous faire travailler ensemble. Elle était convaincue que l’on s’entendrait bien et que notre duo fonctionnerait. Il a fallu attendre quinze ans pour que cela arrive, et Rosalie ne s’était pas trompée ! On s’est beaucoup amusés. Comme nos personnages, nous sommes très différents, même dans la façon d’aborder ce métier. Mais, force est de constater qu’il y a un truc qui a marché. En tout cas, j’en ai l’impression.  

Par
Camille Sanson