Diagnostiquée HPE, Julie de Bona (Erica) se livre à coeur ouvert : « C’est un pouvoir qui t’envahit et te paralyse »

Publié le 4 janvier 2025 à 7:00
Thierry Langro / POTOMAK FILMS / REA Z / TF1
Pour cette fiction en six épisodes qui débute ce lundi 6 janvier sur TF1, Julie de Bona se glisse dans la peau de la romancière Erica, héroïne des polars à succès de l’écrivaine suédoise Camilla Läckberg. Un personnage espiègle et attachant. À l'image de la comédienne...

Les lecteurs de Camilla Läckberg risquent d’être surpris, car votre Erica est bien plus lumineuse que celle des romans…

Julie de Bona C’est pour cette raison que ça m’a intéressée. Si cela avait été plus sombre, peut-être que je n’aurais pas été la bonne personne. Ce qui m’a plu, c’est justement son côté solaire. Erica est un petit bonbon acidulé, passionnée, passionnante et insupportablement irrésistible. Quand elle revient dans sa ville natale de Port-Clément, elle a perdu ses parents, son mec l’a quittée parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, et sa sœur ne lui parle plus vraiment. Elle a donc un immense besoin d’amour. Et d’un coup, elle va se réanimer grâce à une enquête.

Julie de Bona évoque son métier de comédienne

Les œuvres de Camilla Läckberg vous étaient-elles familières ?

Pas du tout, car je ne suis pas une grande amatrice de polars. Mais je les ai lus avant de débuter le tournage. Comme je suis une très grande angoissée, j’ai besoin de beaucoup, beaucoup de préparation en amont. Plus je travaille, plus je deviens mon personnage, et plus mes peurs s’envolent. Sans ça, je serais pétrifiée en arrivant sur le plateau. Il faut savoir que je suis une ancienne grande timide. Ma mère m’avait fait essayer le théâtre quand j’avais 7 ans, mais quand je suis montée sur scène, pas un mot n’est sorti de ma bouche. C’était ça, ma première expérience avec la scène !

N’êtes-vous pas plus détendue, avec le temps et l’expérience ?

Peut-être un petit peu, parce que maintenant, je maîtrise mieux mon « art ». C’est-à-dire que je sais où il faut que j’aille pour avoir le personnage en main. Mais je peux encore avoir le cœur qui bat tellement fort que les ingénieurs du son l’entendent. Le théâtre, je ne vous en parle même pas ! Avant de monter sur scène, je veux mourir. Je me dis : « Mais t’es complètement folle, pourquoi tu es devenue actrice ? » Finalement, tu te lances et, comme tu as bossé, le plaisir se met en place. Je crois qu’il y a pas mal de grands timides parmi les acteurs, qui ont choisi cette voie pour combattre le mal par le mal.

"Plus jeune, j’étais envahie par mes ressentis"

Est-ce votre cas ?

Peut-être que oui, inconsciemment. En tout cas, c’était vital, pour moi, de trouver un moyen d’expression pour faire sortir toutes mes émotions. Je suis HPE (haut potentiel émotionnel, ndlr). Plus jeune, j’étais envahie par mes ressentis. La moindre chose prenait des proportions énormes dans mon corps et dans mon cœur. C’est un pouvoir qui t’envahit et te paralyse. Avec le temps, j’ai réussi à dompter et à comprendre mon hypersensibilité.

Par
Camille Sanson