Frotter Frotter (France 2) – Émilie Caen : « Le combat de ces femmes a été historique, il a fait bouger les choses »

Publié le 26 février 2025 à 11:20
MICHAEL CROTTO / CINETEVE / FTV
INTERVIEW. La comédienne endosse la robe d’une avocate engagée, dans cette série librement adaptée d’une histoire vraie. Le prétexte idéal pour faire passer aussi un beau message

Si vous deviez faire une plaidoirie en faveur de cette série, par quelle phrase commencerait-elle ? 

Émilie Caen : « Tous ensemble, on va gagner ! » Cette série montre la force du collectif. Elle raconte l’histoire de femmes de ménage travaillant dans un hôtel qui décident d’entrer en grève pour faire valoir leurs droits. L’avocate que j’interprète va s’occuper d’elles. Alors qu’elles viennent d’univers très différents, toutes vont s’unir et obtenir des avancées importantes. Leur combat n’était pas gagné d’avance, mais, en se rassemblant, elles vont enfin réussir à se faire entendre… 

Qu’est-ce qui définit Fanny Delerme, votre personnage ? 

Au début de la série, cette femme a dégringolé socialement. Elle a quitté son mari, dont elle ne veut pas accepter l’argent, pour commencer une nouvelle vie, seule. Sa rencontre avec les femmes de ménage va transformer son rapport au monde. Elle se rend compte que ça vaut le coup de se battre pour des causes nobles. Elle se découvre libre, forte et puissante, alors qu’elle ne s’était jamais envisagée de cette manière… 

La série est inspirée de la mobilisation des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, à Paris, qui a duré près de deux ans… Aviez-vous suivi ce conflit ? 

J’en avais entendu parler, mais je me suis documentée sur leur démarche (de mai 2019 à juillet 2021, ndlr), quand il s’est agi de jouer dans cette série. Leur combat a été historique, il a fait bouger les choses. J’ai la grande chance de faire ce métier d’actrice, de pouvoir raconter des histoires importantes, et d’envoyer ce genre de messages qui, politiquement, me tiennent à coeur. Frotter, frotter met à l’honneur la sororité.

Un concept important, pour vous ? 

Bien sûr ! Il fait écho en moi. Avec tout ce qui se passe en ce moment, on voit à quel point la sororité est essentielle. La société et les femmes en prennent conscience. Enfin, la parole se libère : on peut agir, on est solidaires, on a moins peur… 

Vous avez donné la réplique à des actrices non professionnelles, qui sont femmes de ménage dans la vie. Comment décririez-vous cette expérience ? 

Notre métier est magnifique, aussi, de nous permettre de faire de telles rencontres. Nous avons tous partagé une grande aventure. Il y avait une vraie mise en abyme sur le plateau, car ces femmes se levaient parfois à 4 heures du matin pour faire des ménages, avant de nous rejoindre. Ça fait relativiser et l’on se dit qu’il faut être à la hauteur. Toutes étaient très heureuses de jouer dans cette série. C’était très émouvant. 

Vous êtes aussi à l’affiche de  Mémoire vive, sur M6. Vous y incarnez une femme séparée qui revient habiter chez sa mère, Esther (Clémentine Célarié)… 

C’est vrai ! (Rires) La série est décalée, très bien écrite et réalisée. Clémentine Célarié, qui tient le rôle principal, m’a épatée sur le tournage. Dans la peau de cette dame qui perd la mémoire, elle est incroyable ! Et je pèse mes mots. 

Quelle est la suite pour vous ? 

J’ai tourné dans Les Ailes collées, un téléfilm sur l’homophobie, magnifique, bientôt sur France Télévisions. Et je vais commencer le tournage d’une comédie pour le cinéma, avec Audrey Fleurot et Ramzy.  

Frotter Frotter, mercredi 26 février à 21h10 sur France 2

Par
Katia de la Ballina