Des vivants (France 2) – Jean-Xavier de Lestrade rend hommage aux survivants du Bataclan : « Ils ont traversé une épreuve inimaginable »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:25
© What' s up films
France 2 programme ce soir Des Vivants. Dix ans après la tragédie du Bataclan, cette série signée Jean-Xavier de Lestrade, suit un groupe de survivants dans leur cheminement pour se reconstruire.

Le 13 novembre 2015, au Bataclan, ils sont sept à se retrouver bloqués dans un couloir face aux terroristes : Marie et son mari Arnaud, Sébastien, Caroline, David, Grégory et Stéphane. De longues minutes de terreur et d’angoisse pour ces hommes et ces femmes d’âges et de milieux sociaux différents. Loin de tout sensationnalisme, Jean-Xavier de Lestrade (Laëtitia, Sambre) raconte cette histoire dramatique, mais la série s’attache surtout à montrer la volonté de réparation de ces victimes après le terrible traumatisme, notamment en se retrouvant, régulièrement, dans un café. 

« En me plongeant dans ce projet, j’ai découvert des histoires de vie, confie le réalisateur. On se rend compte que rien ne remplace le contact entre les êtres humains. En fait, les sept “potages” (contraction de potes et otages, ainsi qu’ils se sont surnommés, ndlr) ont traversé une épreuve inimaginable. Le fait de se voir, de pouvoir échanger entre eux, ce lien-là, cette chaleur humaine les a aidés à surmonter les traumatismes et à apprendre à vivre avec. » Xavier de Lestrade ajoute : « Ce qu’il y avait de plus beau à filmer, c’était les séquences où ils sont en groupe, où ils chantent et plaisantent. C’est ça qui nous redonne de l’espoir dans l’avenir. » 

LA CONFIANCE DES “POTAGES” 

Porter à l’écran la vie de ces miraculés était une entreprise délicate, qui ne pouvait se faire sans la confiance et la collaboration des vrais protagonistes. Une condition que le réalisateur n’a eu aucune difficulté à satisfaire. « En compagnie du scénariste Antoine Lacomblez, nous sommes allés les rencontrer pour une sorte de grand oral. Ça s’est très bien passé. Ils ont saisi l’exigence et la rigueur de notre démarche. Le courant est passé et, très vite, ils se sont mis à nous raconter leurs histoires. » 

Benjamin Lavernhe, qui incarne Arnaud, est encore bouleversé par sa rencontre avec les rescapés : « J’ai longtemps hésité avant de dire oui. Je m’interrogeais sur ma légitimité. J’avais peur de blesser les victimes et tous ceux qui, de près ou de loin, étaient concernés par cette tragédie. J’ai lu le scénario, puis nous avons rencontré les vrais “potages”, alors que ce n’était pas prévu, afin de garder une distance avec le réel. Ça a emporté toutes mes réticences. D’ailleurs, les “potages” sont figurants dans la série : ils apparaissent tous, les uns après les autres. » 

Même son de cloche pour Alix Poisson, qui joue la femme d’Arnaud : « La confiance de la vraie Marie qui, en plus, est une cinéphile avertie, m’obligeait. Je voulais absolument la rencontrer, avant le tournage. Je l’ai invitée par texto à prendre un café. Elle a aussitôt accepté. Nous avons passé quatre heures à discuter. À la fin, je lui ai demandé : “Marie, est-ce qu’il y a quelque chose que tu ne veux vraiment pas que je fasse, dans le jeu, ou quelque chose auquel tu tiens ?” Elle a longuement réfléchi, puis m’a répondu : “Fais comme tu le sens, je te fais confiance. La seule chose que je te demanderais, si tu peux, c’est qu’il y ait des moments d’humour.” » 

Des vivants, lundi 3 novembre à 21h10 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui