Sambre (France 2) – Alix Poisson : « L’idée n’est pas de montrer que tous les policiers sont des salauds. C’est pire que ça… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 22:17
Dans la mini-série de Jean-Xavier de Lestrade, la comédienne incarne Christine, la première victime du violeur de la Sambre. Entretien...

Quelle est la première chose qui vous a interpellée en découvrant ce projet ? 

Alix Poisson : J’étais assez abasourdie après la lecture du scénario. À travers un fait divers, c’est toute une société qui est décortiquée. Il y a également quelque chose de totalement imparable, à la fois dans le côté fiction, qui est très haletant, et dans sa construction, qui arrive à retranscrire trente années par le prisme de différents personnages. Je pense sincèrement que c’est une série qui peut faire date. 

Étiez-vous au courant de cette affaire ? 

Pas tant que ça, si je suis honnête. J’en étais d’ailleurs étonnée, car je trouve qu’elle n’a pas fait grand bruit. Le procès s’est tenu pourtant l’année dernière. Je me suis demandé pourquoi ça n’avait pas été plus médiatisé que ça. 

Le traitement réservé à votre personnage, Christine, montre à quel point les victimes de viol ont été peu considérées pendant trente ans… 

C’est presque une allégorie, parce que ça ne concerne pas que cette affaire-là. Il y a une forme de minimisation, car, comme le dit la journaliste Giulia Foïs dans son livre, Je suis une sur deux (Flammarion), c’est un crime sans cadavre. On part donc du principe que la victime va s’en remettre. Or, on voit, à travers Christine, que l’on vit avec, mais que l’on ne s’en remet jamais. L’idée n’est pas de montrer que tous les policiers sont des salauds. C’est pire que ça : ils ne sont que le reflet de la société dans laquelle ils vivent.  

Sambre, lundi 27 novembre à 21h10 sur France 2

Par
Camille Sanson