Claire Borotra, SDF dans Le Code : « Je dois avouer qu’au départ, je n’étais pas hyper à l’aise »

Publié le 11 janvier 2023 à 10:29
Gilles Gustine/FTV/MAKING PROD
Invitée dans l’épisode 3 de la saison 2 de cette fiction judiciaire, l’actrice joue une femme sans abri qui se retrouve accusée de meurtre. Un personnage qui lui permet de donner toute la mesure de son talent.

Vous nous épatez avec cette nouvelle performance. On ne vous attendait pas dans un tel contre-emploi ! 

Claire Borotra : Merci beaucoup. C’est tellement gentil… Et c’est vrai, ce n’est pas le genre de rôle que l’on me confie habituellement. Mais j’étais heureuse de pouvoir incarner un personnage différent, complexe et poignant. 

Parlez-nous d’Élisabeth Saunier… Qu’est-ce qui a conduit cette femme à vivre dans la rue ? 

Malheureusement, c’est le parcours typique de nombreux SDF : la perte d’un emploi, la fin des droits à l’assurance chômage et la difficulté de retrouver du travail après 50 ans… C’est ce qui est arrivé à cette ancienne cadre d’une grosse entreprise. Plus de job, plus un sou : la descente aux enfers. Et, comme si ça ne suffisait pas, elle se retrouve avec une accusation de meurtre sur le dos. J’ai trouvé que le personnage était bien écrit et qu’il était le reflet d’une certaine réalité. 

C’est aussi une satire de la société et du regard qu’elle porte sur les SDF… 

Tout à fait. D’ailleurs, les avocates d’Élisabeth vont mettre en avant plusieurs choses très intéressantes : le rejet, la peur et la suspicion systématique parce qu’elle est SDF… C’est terrible. Cet épisode était un bon moyen de mettre en lumière cette problématique, que je trouve particulièrement violente et à la fois touchante. 

Comment vous êtes-vous préparée pour entrer dans la peau de ce personnage ? 

Je passe ma vie à observer ce qui se passe autour de moi. À écouter les gens… J’ai travaillé, en tant que bénévole, dans des associations qui accueillent des personnes sans ressources. J’ai accompagné celles et ceux qui voulaient s’en sortir… Et je continue de discuter avec les SDF que je croise dans la rue. Je n’ai donc pas eu de difficulté à me plonger dans ce parcours de vie cabossé. 

La beauté est un atout indéniable dans votre métier. Avez-vous eu quelques hésitations avant d’accepter ce rôle au physique ingrat ? 

Je dois avouer qu’au départ, je n’étais pas hyper à l’aise. Je ne me regardais pas dans la glace pendant que la maquilleuse me rajoutait des cernes et salissait mon visage. Mais je considérais que c’était le minimum pour pouvoir incarner ce personnage. Je me devais de ne pas me soucier de mon apparence physique. 

En 2023, vous serez à l’affiche de la série Les Randonneuses. Encore un rôle fort ! 

En termes de charge émotionnelle, je peux dire que j’ai été gâtée, ces derniers temps ! Cette comédie, réalisée par Frédéric Berthe, raconte l’histoire de six femmes qui ont l’idée folle de partir à l’assaut d’un sommet en haute montagne. Un défi complètement dingue, d’autant plus qu’elles sont touchées, de près ou de loin, par le cancer. Une aventure humaine, entre rires et larmes, qui va les rapprocher pour toujours. 

Le Code : mercredi 11 janvier à 21h10 sur France 2

INTERVIEW CATY DEWANCKÈLE  

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