Comment vous êtes-vous préparée pour ce personnage ? Avez-vous visionné des documentaires sur cette affaire ou vous êtes-vous attachée au scénario ?
Nina Meurisse : C’est toujours une forme de mélange, pour moi. Quand on m’a proposé le rôle de Marie, je ne connaissais pas du tout l’affaire du Bugaled Breizh. Je me suis un peu renseignée, puis je me suis replongée dans le scénario. J’ai toujours besoin d’établir le contexte, de comprendre où en est le personnage. J’ai aussi beaucoup écouté de podcasts qui décortiquaient cette histoire. Ce personnage est fictionnel, mais j’avais envie qu’elle soit crédible : j’ai essayé de m’imprégner de son métier de mareyeuse (ouvrière apprêtant et découpant le poisson après la pêche, ndlr) et de l’univers des marins. J’ai visionné tant de choses, comme cette émission de Thalassa, sur le port du Guilvinec, dans le Finistère. Marie ne va pas en mer, mais elle connaît la dureté du métier de marin.
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Êtes-vous une comédienne du genre mimétique, qui se dit en regardant autour d’elle : « Tiens, je vais piquer ça pour le rôle… » ?
Oui. Dans tous les cas, je suis très attachée à trouver la silhouette de mes personnages. C’est un plaisir particulier. Pour Marie, ce n’est pas trop le cas, mais, si je peux, j’aime me transformer physiquement pour un rôle. Par exemple, on m’a ajouté plein de rougeurs sur les joues, parce qu’en Bretagne, les peaux sont plus marquées avec les embruns et le climat. Il y avait un enjeu à trouver la silhouette qui correspond de façon exacte à ce personnage. Marie est à la fois hyper dynamique, efficace et féminine. Cinq jours sur sept, elle se lève à 4 heures du matin pour aller travailler.
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Vous avez passé du temps avec des mareyeuses. Être sur le terrain, cela a-t-il modifié des détails dans le scénario ?
Oui. Au départ, on avait prévu des tenues assez simples, genre jean et chemises, qu’on imaginait adaptées au travail de Marie. Après une journée dans l’atelier de mareyage, on s’est vite rendu compte des odeurs et des éclaboussures incessantes de poisson. Avec la costumière, on a rectifié le tir, on s’est dit que Marie allait porter un pull ou une polaire et être emmitouflée. Tout simplement parce qu’il fait vraiment hyper froid dans cet endroit, surtout quand tu y passes ta journée de travail.
Vous avez tourné 37 secondes quasiment sur les lieux d’où venait le Bugaled Breizh, au port du Guilvinec et aux alentours… Est-ce que cela change quelque chose dans la façon de jouer ? Vous êtes-vous sentie investie d’une forme de responsabilité ?
Si l’on avait tourné ailleurs, je n’aurais pas eu moins de responsabilité. Mais je ne pense pas que cela ait affecté notre façon de jouer. En tout cas, pas pour moi. Cela dit, je suis une passionnée de la Bretagne. C’est un endroit où l’on vit fort. Plus fort qu’à Paris, de toute manière.
37 secondes, jeudi 10 avril à 20h55 sur Arte