Incarner l’iconique Don Diego de la Vega, on imagine que c’est pour vous un cadeau ?
Jean Dujardin On a du mal à y croire, jusqu’à ce que l’on ait enfilé le costume. Et encore… Je pense que ce rôle touchait en moi quelque chose d’assez intime. J’avais en mémoire les images de Guy Williams (l’acteur qui incarnait le héros dans la série des années 50, ndlr). Des souvenirs de gosse. Bizarrement, même costumé, je ne me disais pas « je suis Zorro », j’avais juste l’impression d’être « mon » Zorro. La dimension du personnage est trop importante. La franchise, le costume, c’est tellement intimidant ! On se dit : « Hou là là, faut pas que je touche à ça ! » Je n’y serais jamais allé si cela n’avait pas été aussi bien écrit par Benjamin Charbit, que ce soit au premier, au second ou au troisième degré. Il fallait aussi que je sois entouré de super acteurs. C’est un tout. S’il n’y a pas tout ça, on n’y va pas !
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Justement, ici, c’est vraiment votre Zorro : porter, à 52 ans, la panoplie du Renard rusé, c’est un plaisir de gosse ?
Cela faisait plus de dix ans que j’en parlais. Zorro, c’est la quintessence de ma planque. J’ai eu pas mal de personnages planqués derrière des perruques, des costumes. J’adore façonner des personnages de comédie, leur trouver une démarche, un vocabulaire. Zorro, c’était le point d’orgue. Avec, en plus, un double rôle : le gentil Don Diego et un Zorro plein de panache. C’est formidable d’avoir les deux à jouer.
Jean Dujardin évoque son rôle de Zorro
Comment définiriez-vous votre Zorro, « au gainage proche de la perfection » ?
C’est un Zorro bondissant. En tout cas, c’est ce qu’il croit. Ce pauvre Don Diego est un peu coincé dans son costume. Il déploie toute sa force, son souffle et son panache lorsqu’il devient Zorro. La panoplie l’autorise à être un autre. C’est un super pouvoir. C’est pour cela que l’on aime Zorro. Quand on me demande ce qu’il représente pour moi, je réponds qu’il est ce petit garçon de 8 ans qui s’amuse dans un jardin avec un bâton. Aujourd’hui, j’ai 52 ans et l’envie de m’amuser et de divertir les gens. En le faisant très sérieusement. C’est une comédie à tiroirs, très écrite, très dialoguée.
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Dépoussiérer le mythe sans l’abîmer : était-ce là, pour vous, le principal défi ?
Il fallait ne pas être trop parodique et éviter, surtout, avec la moustache, de ressembler à OSS avec un chapeau. Il fallait garder la même cohérence, tout au long des huit épisodes. Tenir la forme physiquement : pour les combats et les scènes à cheval. Et, bien sûr, toujours penser au public. Ne pas prendre les gens pour des cons.