Le retour du héros (France 3) – Jean Dujardin : « Ce film est aussi l’occasion de redire : je ne vous ai jamais quittés »

Publié le 1 avril 2024 à 13:28
ARCHIVE. Dans Le Retour du héros, Jean Dujardin livre, avec une jubilation contagieuse, un grand numéro de comédie, sous le signe du panache et de l’humour. Nous avions rencontré l'acteur lors de la sortie du film en salles. 

Le capitaine Neuville est un imposteur, un coureur, un matamore, un lâche… Il était impossible pour vous de refuser un tel personnage ? 

Jean Dujardin : C’est un joli cadeau de Laurent Tirard de m’avoir ouvert une si belle « salle de jeux ». Quand on te propose de jouer un arnaqueur dans un vrai film de duo, où la femme n’est pas un simple faire-valoir, avec un personnage qui a beaucoup de travers et qu’il va falloir racheter, c’est une chance ! Le tout dans un décor Empire. Les comédies contemporaines, c’est bien, mais c’est aussi pas mal, parfois, de jouer des scènes sans portables… avec des chevaux. Là, tu te dis : « Tiens, je fais du cinéma ! » Pour le coup, je me sens encore un peu comme un gosse. 

Si la forme est légère, le fond ne l’est pas : le film dénonce l’hypocrisie sociale, la cupidité des nantis, la religion du paraître… Des thèmes qui parlent évidemment de notre époque. Sous les costumes, le manifeste ? 

On peut le voir comme ça. L’idée n’est évidemment pas de faire un cinéma nostalgique. Il est plus intéressant d’avoir des thèmes actuels. Finalement, le costume s’efface et laisse place à la relation homme-femme, avec les notions d’égalité et de parité.

On pense bien sûr au Cartouche de Philippe de Broca… 

Pour mon personnage, j’ai plutôt pensé à Vittorio Gassman dans Le Fanfaron, même si Belmondo est présent dans mon esprit et m’inspire ici dans le plaisir et la modernité du jeu. 

Sur le tournage de Cartouche, Jean Rochefort s’était découvert une passion pour l’équitation. Avez-vous chopé le virus ?

J’y prends du plaisir, mais je ne me suis pas découvert de passion. D’ailleurs, je n’en ai pas et n’en ai jamais eu : j’ai envie d’apprendre dans tous les domaines. C’est peut-être le complexe de l’ancien cancre qui a envie de se rattraper. C’est ce qui me plaît dans ce métier. 

Le titre a une dimension symbolique, puisque le film raconte l’histoire d’un homme auréolé de gloire, mais qui n’est pas celui que tout le monde voudrait qu’il soit. N’était-ce pas votre cas aussi après votre Oscar en 2012 ? 

On m’a prêté tellement de choses qui ne me correspondaient pas, j’ai tout entendu ! Je pensais que tout cela serait ponctuel, mais l’image que l’on m’a collée est tenace. Les choses se dissiperont avec le temps. C’est pourquoi je m’amuse à dire que ce film est un peu mon book : il y a tout ce que j’aime faire dedans et ce que l’on aime un peu de moi dans la comédie. Ce film est aussi l’occasion de redire : je ne vous ai jamais quittés. 

Donc vraiment symbolique ! 

Gilles Lellouche m’a envoyé un SMS pour me le dire aussi. 

Vous qui étiez un ami de Johnny Hallyday, quels souvenirs garderez- vous de l’homme ? 

Sa simplicité. Il était le même avec tout le monde. C’est elle qui lui a permis, à mon avis, de passer toutes les époques. Avec sa mort, on s’est rendu compte que nous étions tous mortels. Il n’a jamais surjoué. Il y a quelque chose de divin chez Johnny. Une main s’est posée sur lui. Une personne a dit une chose très juste et qui le résume bien : « Johnny ne s’est jamais pris pour Hallyday… » 

Propos recueillis par Julien Barcilon en 2018

Le retour du héros, lundi 1er avril à 21h10 sur France 3 

Par
Julien Barcilon