Panayotis Pascot : cette galère qu’il a vécue sur la série Enterrement de vie de garçon (Canal+)

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:59
© Calt Story / CANAL+
C’est avec quatre de ses camarades humoristes que le comédien de la série « De Grâce » (Arte) a imaginé « Enterrement de vie de garçon », savoureuse fiction en quatre épisodes, diffusée ce soir sur Canal+. 

Qui est Paul, votre personnage ?

Panayotis Pascot : C’est le frère de Daniel, l’ami commun des cinq garçons, qui est décédé. Ils vont l’enterrer le lendemain matin et décident d’organiser une espèce de nuit blanche qui leur paraît obligatoire et inévitable. Ils vont évidemment se questionner, se plonger dans cette disparition et cette absence et pour finir, parler évidemment de tout sauf de l’éléphant dans la pièce. C’était intéressant de travailler sur des thématiques qui nous étaient chères et de pouvoir les développer avec humour et compassion.

Comment avez-vous vécu ce tournage singulier ?

J’ai beaucoup appris car j’avais la double casquette acteur / réalisateur. Je l’ai vécu comme une espèce de colonie de vacances. On avait parfois jusqu’à 18 pages de texte à apprendre par jour-un vrai challenge- mais on a énormément rigolé quand on tournait et quand on ne tournait pas. J’espère que cela se sent quand on regarde la série.

On imagine qu’il n’y a pas eu de problèmes d’égo sur le tournage…

Non ! Il y avait une solidarité quasi fraternelle évidemment, mais aussi humoristique. On avait tous envie que l’autre ait la meilleure partition, en fonction de son propre instrument. Chacun assistait aux scènes des autres, apportait son aide. Il y avait une solidarité très impressionnante, une envie commune de faire briller la comédie.

Comment s’est passée la partition avec Pascale Arbillot et Thibault de Montalembert, qui incarnent vos parents et ceux du défunt ?

C’était une chance énorme qu’ils aient accepté de rejoindre un projet comme celui-là parce que ce sont vraiment des comédiens incroyables. Ils ont été touchés par le texte. On appréhendait quelque peu le tournage car ce sont quand même des gens qui ont beaucoup plus d’expérience que nous. Je me souviens de leur première scène : on s’est tous regardé en se disant « ah d’accord, c’est donc ça être acteur ». Ils nous ont vraiment impressionnés. Nous avons appris énormément avec eux, en une seule journée. En dehors des prises, ce sont des gens vraiment adorables. Ils se sont intégrés à leur manière, ils nous observaient beaucoup. Pour maintenir tout le monde éveillé, Adib Alkhalidey (coréalisateur et acteur dans la série) faisait toutes les blagues qui lui passaient par la tête. Thibault et Pascale sont rentrés dans cette espèce de compétition du rire qui, au final je pense, à aider le projet. J’ai hâte qu’ils montent sur scène pour faire du stand up !

Qu’est-ce qui a été le plus difficile sur cette série ?

De trouver quand la tourner ! Organiser un planning a été une galère monstre parce que tous les soirs, on était sur scène !  Guillermo Guiz était en tournée de rodage de son nouveau spectacle, Adib Alkhalidey captait le sien, Fary préparait son show à Roland Garros…Ce fut un vrai casse-tête pour libérer 10 jours.

Pourquoi était-il intéressant d’aborder le sujet de la masculinité en 2024 ?

On s’est longtemps posé cette question…C’est un peu plus marketing de dire que ce sont des hommes qui remettent en question la masculinité mais en réalité, ces hommes s’autorisent une introspection, ce qui ne fut pas le cas pour la génération de nos parents par exemple. Eux étaient des fonceurs en mode « il fait froid, je vais couper du bois, j’ai faim, ma femme me fait à manger… ». Dans la série, l’un trouve qu’aimer, c’est être faible, l’autre n’assume pas sa dépression. Mon personnage est énervé contre son frère mort et s’en veut… La nouvelle masculinité, c’est réussir à assumer ses failles, réussir à assumer qu’on ne sait pas, parfois. Parce que pendant très longtemps, on nous a fait croire qu’un homme devait toujours tout savoir.

Enterrement de vie de garçon, mercredi 14 février à 23h40 sur Canal+

Par
Amandine Scherer