« J’étais tremblante comme pour un premier rencard » : les coulisses de la première rencontre entre Agnès Hurstel et Saül Benchetrit pour Jeune et go…

Publié le 8 juin 2023 à 10:38
OCS/DR
OCS Max donne le coup d’envoi ce jeudi soir, à 21 heures, de la saison 2 de Jeune et golri. Rencontrée lors du dernier festival Séries Mania de Lille, Agnès Hurstel, la créatrice, scénariste, coréalisatrice et actrice principale de la série nous en dit plus sur ces nouveaux épisodes et sa folle rencontre avec Saül Benchetrit qui reprend le rôle d’Alma, la belle-fille de Prune.

Nouvelle interprète pour Alma (Saül Benchetrit), saut dans le temps, séparation… Cette saison 2 est-elle celle du renouveau ?

Agnès Hurstel : On reste sur le thème de la belle-maternité mais traitée différemment. Elle était contrainte et forcée dans la saison 1 et là elle est avortée et terminée malgré elle.
Saül Benchetrit précise que vous avez insisté sur votre volonté de faire une série "honnête"…

Lorsque j’étais plus jeune, j’étais comme Alma et ses amies. Je n’arrivais à rien, j’étais socialement autiste et en même temps j’avais envie d’être grande. Je trouve important d’écrire des fictions avec plein d’aspérité un peu « cracra ». Tu n’oses jamais les mettre sur des filles, uniquement sur les mecs. Je trouvais important de développer des personnages féminins honnêtes.

Pourquoi avoir choisi Saül Benchetrit pour reprendre le rôle d’Alma ?

J’ai écrit pour elle… Je ne la connaissais pas mais une de mes amies a été sa baby-sitter (rires). Je savais que j’avais besoin d’une actrice de 13 ans et demi qui ressemblait à celle que j’étais à cet âge-là : j’étais toujours première de classe et je rêvais d’une vie et d’un corps d’ado alors que j’étais bloquée dans l’enfance. Mon amie m’a dit qu’elle avait la fille qu’il me fallait. Une jeune actrice qui tracte pour des manifestations féministes, qui est brillantissime et qui est, en même temps, une enfant. Comme une vieille tante gênante, je me suis mise à suivre sur Instagram cette adolescente que je ne connaissais pas (rires). Je faisais des captures de ses vidéos avec ses copines de 13 ans et j’écrivais. C’est toujours comme ça, tu t’inspires de choses et tu regardes comme une carte postale honnête de la vie.

Comment s’est passé le premier contact entre vous ?

Je me suis rendue à un festival de cinéma. Sa mère (l’actrice Anna Mouglalis, ndlr) était là et Saül aussi. J’étais tremblante, comme pour un premier rencard. Alors qu’elle ne savait même pas que j’existais (rires). Mon mec et mes amies m’ont dit d’aller la voir. Un soir dans une pizzeria, je demande à sa mère si je peux lui parler et lui présenter Jeune et golri. Saül me demande si c’est intelligent et féministe mon truc. Intérieurement, je ne suis pas bien. Je lui conseille de regarder pour en parler ensuite. De retour dans ma chambre, je me dis qu’elle va me jeter. Mais elle a regardé avec sa mère et une semaine après, elles m’ont dit qu’elles ont adoré ! Elle a malgré tout dû passer un casting. La société de production m’a dit : "T’es gentille, tu suis une ado sur internet et tu la rencontres, mais derrière on ne sait pas si elle sait jouer. Merci de lui faire passer des essais". Et elle a tout défoncé ! Elle nous a même fait pleurer lors de son comeback.

Qu’est-ce qui vous a surpris chez elle ?

Elle a une grande connaissance de ce métier. C’est un truc inné (son père est l’acteur Samuel Benchetrit, ndlr) dont elle n’a pas conscience. C’est rare d’avoir une connaissance du plateau, de l’apprentissage du texte… Elle est très jeune mais a une vieille âme. C’est très impressionnant et agréable sur un plateau d’avoir une telle actrice très adulte. Elle était vraiment le personnage d’Alma : une enfant parentalisée dont la tête va beaucoup plus vite que son corps.

Vous abordez dans la série des sujets intimes d’adolescents comme les premières règles, la masturbation, les relations sexuelles. Comment s’est construit le lien de confiance entre vous pour tourner de telles scènes ?

C’est du travail car je suis la personne la moins drôle sur le plateau ! Je suis la DRH ! J’ai moins fait la fête que les autres et on me l’a beaucoup répété. J’avais déjà tout à prouver car c’était ma première réalisation (elle a coréalisé cette saison 2 avec Cloé Bailly, ndlr). Ce n’était pas une colonie de vacances, je devais tenir le truc car je l’ai écrit et pensé. Pour moi cette saison 2 était très forte car c’est une conclusion. Il n’y aura pas de saison 3. Pour être capable de diriger mon équipe, de gérer l’image avec Cloé et de jouer dans les scènes, je devais me canaliser. Si en tant que réalisatrice on ne me fait pas confiance sur le plateau, c’est que j’ai raté un truc.

Diriger autant d’adolescents, c’est particulier ?

C’était un plateau spécial avec beaucoup de jeunes dans l’équipe et de mineurs à filmer avec des scènes de baisers, de premières fois, de discussions sur le désir, de choses très crues… J’ai appris le consentement. En tant que réalisatrice, et de réalisatrice femme, il faut laisser un climat qui permet à ta comédienne de te dire non avant de tourner. Que ce soit trois mois avant le tournage ou même entre deux prises. Ce n’est pas rien de filmer des adolescentes !

Jeune et golri, saison 2, à voir ce soir sur OCS Max et en intégralité sur la plateforme OCS

Pauline Hohoadji

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