Que dire de vos personnages, Rémi et Justine, sur le point de perdre leur vie confortable ?
Gil Alma : Rémi est un gentil gars qui vient de la campagne, marié depuis plus de vingt ans à Justine, dont il est encore très amoureux. Au début, il est un petit peu lâche et cache à sa femme qu’il est au chômage depuis des mois. Mais ce mensonge va leur permettre de vivre plein de choses…
Éléonore Bernheim : Je décrirais Justine comme une femme qui vit une métamorphose totale, une révolution intérieure. Son unique vérité, son intégrité, c’est la famille qu’elle a construite avec Rémi. Le reste est enseveli sous le conditionnement, le déterminisme social, l’héritage familial, le traumatisme… Tout cela fait qu’elle est un peu à côté d’elle-même à force de courir après les apparences. En renversant la table, elle devient comme lui la voyait. Ce « cadeau » mal emballé que lui offre Rémi – le risque de la faillite et d’un effondrement social – va permettre de cimenter leur couple, si tant est qu’il en ait eu besoin.
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On va voir le duo se livrer à des agissements plus que limites, parfois…
Éléonore : Entre les deux, il y a comme une jubilation enfantine à faire ce qu’ils font, dans la théâtralité qu’ils y mettent, dans les risques qu’ils prennent.
Gil : Cette histoire va les forcer à s’interroger sur qui ils sont face à l’adversité, sur les choix qu’ils vont devoir faire. Justine et Rémi sont en phase, par rapport à la situation.
Vous aussi, visiblement. Cette connexion éclate à l’écran…
Gil : C’était obligatoire de s’amuser comme des mômes, comme eux le font ! Pourtant, on ne se connaissait pas, Éléonore et moi.
Éléonore : Le curseur de la comédie est poussé assez haut. On est dans la farce. Il y a une liberté à l’anglaise, ou à la belge. La réalisatrice, Stéphanie Pillonca, avait très envie de ça. Elle a gardé son cap, tout du long, elle parlait pendant les prises, elle nous disait : « Pousse, pousse, pousse ! » (le curseur, ndlr) Il ne fallait pas nous le dire deux fois.
Gil : Il y a environ 20 % d’improvisation. C’est un suicide à plusieurs. (Rires) Un saut en parachute. Tu ne sais pas ce qui t’attend, tu y vas. Puis, le parachute s’ouvre, et c’est cool.
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Éléonore, vous avez joué avec Jason Priestley, connu grâce à la série Beverly Hills 90210, dans le téléfilm Mort sur la piste, en 2023. Incroyable, non ?
Éléonore : On m’aurait dit « tu vas jouer avec Brad Pitt », que je n’aurais pas été aussi étonnée. Jason Priestley et moi, c’était plus qu’un océan qui nous séparait. Cette proposition était tellement improbable qu’il m’était impossible de la refuser.
Et vous, Gil, avec quelle star étrangère aimeriez-vous collaborer ?
Gil : Le premier nom qui me vient à l’esprit, c’est Nicole Kidman… Meryl Streep, aussi, ou Jodie Foster. Je m’étais dit qu’il faudrait que je me prenne un agent américain, ou anglais, mais je n’ai pas encore réussi à en choper un.
Éléonore : Moi, j’en ai un… à Los Angeles. Un manager (elle le prononce à l’américaine).
Gil : Un « maaanaggger » ? Mais vas-y, balance !
Dans de beaux draps, mercredi 10 septembre à 21h10 sur France 2