Clean (M6) – Alix Poisson en femme de ménage endettée : « Je n’ai pas la prétention d’être un porte-drapeau »

Publié le 4 avril 2025 à 10:01
ADE ADJOU / M6
INTERVIEW. Dans cette adaptation d’une série anglaise, Alix Poisson campe une femme de ménage endettée, employée dans une banque, et qui entraîne ses copines dans un délit d’initié.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans cette histoire ? 

Alix Poisson : Le scénario extrêmement construit, bien ficelé, ainsi que les personnages suffisament complexes pour que l’on s’y attache. J’ai trouvé l’histoire originale, bien éloignée de celles que l’on reçoit d’habitude. 

Avez-vous suivi des cours sur la finance avant d’entamer le tournage ? 

Je me suis juste fait expliquer les données de base. Je ne crois pas qu’une connaissance étendue soit indispensable. J’ai adoré le film Margin Call, de J. C. Chandor (2011), qui se déroule dans l’univers des traders, alors que je ne comprends rien au jargon de la finance. Ce sont surtout les liens entre les protagonistes et les rapports de pouvoir qui m’ont passionnée. 

Quel genre de femme est Lola, votre personnage ? 

C’est une mère aimante, douée d’une intelligence rare. Elle devient un as de la finance en écoutant des podcasts. Elle a fait des mauvais choix de vie. Ce n’est pas un personnage irréprochable, il lui arrive de faire n’importe quoi. Acculée, endettée jusqu’au cou, elle ne peut s’empêcher d’acheter un iPhone à sa fille. Les reproches sur son endettement, de la part de son mari, avec lequel elle est en instance de divorce, sont tout à fait justifiés. 

Dans la série Sambre (2023), vous étiez le symbole de toutes ces femmes violées. Cette fois, vous représentez les femmes de ménage méprisées. Auriez-vous pour vocation de défendre les opprimés

Je n’ai pas la prétention d’être un porte-drapeau. Quand on a la possibilité de choisir, c’est toujours mieux de préférer les projets qui racontent quelque chose de notre société. Pour Sambre, il était temps que l’on fasse une série qui s’attaque à la culture du viol en France. J’étais heureuse d’en faire partie. 

Dans Clean, la comédie n’empêche pas de faire passer des messages, de dénoncer certaines formes d’oppression… 

On a besoin de ces histoires qui racontent, de manière subtile et joyeuse, la force du collectif. Lola et ses deux copines (Léonie Simaga et Thaïs Vauquières), par leur côté solaire et solidaire, sont inspirantes. On doit garder en tête que même confrontés à la pire des crises, on ne pourra s’en sortir qu’ensemble. La scène de manifestation, dans le dernier épisode, m’a beaucoup émue. Ça ma rappelé des mouvements sociaux récents, comme la grève des femmes de chambre dans les hôtels. 

On vous voit passer avec aisance de la femme de ménage effacée à l’élégante businesswoman. Aimez-vous vous travestir ? 

C’est un plaisir qui remonte à l’enfance. Je ressens la même jubilation que lorsque que je me costumais pour le défilé de mardi gras, à l’école. Dans Sambre, on m’avait vieillie, fait prendre plusieurs kilos et porter des prothèses. La transformation, en m’éloignant de moi-même, me permet d’aller plus loin dans le jeu. 

Avez-vous d’autres projets ? 

Je tourne, pour France 2, Des vivants, de Jean-Xavier de Les trade (Sambre), une série sur la tragédie du Bataclan. J’ai aussi écrit un téléfilm, que je vais réaliser pour France Télévisions : il s’inscrit dans la filiation de 1432, mon précédent court-métrage (le sujet abordait les violences sexuelles faites aux enfants, ndlr). Un sacré défi… 

Clean, vendredi 4 avril à 21h10 sur M6  

Par
Hacène Chouchaoui