Virginie Grimaldi : « Des gens se servent de mes livres pour passer des messages »

Publié le 2 mai 2024 à 15:02
Starface
Pour son dixième roman, Plus grand que le ciel, l’écrivaine aux sept millions de livres vendus fait se rencontrer deux âmes écorchées dans la salle d'attente d'un psy. Rencontre avec Virginie Grimaldi.

Avez-vous déjà fait des rencontres insolites dans les salles d’attente, comme vos deux personnages. ?

Virginie Grimaldi. Ah, c’est une bonne question ! (Rire). Non ! En revanche, il m’est arrivé de croiser des personnes chez le psy, et je trouve ça terriblement gênant alors qu’on est tous là pour la même raison. Donc, on ne devrait pas avoir à se cacher… Il y a une espèce de peur commune qui se lit sur les visages. Je me souviens d’un monsieur que j’avais rencontré dans une salle d’attente, qui attendait les résultats d’un examen très important, pour surveiller son cancer du poumon. Moi aussi j’attendais des nouvelles importantes. Quelque chose s’était passé, on avait changé quelques mots, c’est une rencontre que je n’ai jamais oubliée, donc oui, je trouve qu’il se passe des choses fortes dans les salles d’attente.

A quel point vos deux personnages vous ressemblent ?

Vincent me ressemble énormément parce qu’il a commencé à écrire par nécessité. Aujourd’hui, il n’a toujours pas confiance en lui malgré le succès mais il aime profondément ses lecteurs et l’écriture. Elsa me ressemble sans doute plus par son parcours de fille et de mère, et par ses fragilités. Ce qui est important chez Elsa, c’est le fait qu’elle a longtemps voulu répondre à l’injonction au bonheur et qu’aujourd’hui, elle n’y arrive plus. Elle s’autorise à aller mal. C’est quelque chose que j’ai en commun avec elle…

Il y a neuf mois, vous avez perdu votre papa, qui est aussi au cœur de ce roman. Que vous a-t-il transmis en héritage ?

Il m’a transmis une grande liberté. Je me rends compte que c’était un rebelle, qui ne conformait jamais aux étiquettes et à ce qu’on attendait de lui. C’était un râleur, je suis une grande râleuse ! (Rire). Et il m’a surtout transmis son humour. C’était quelqu’un d’extrêmement drôle, il faisait toujours l’andouille pour faire rire les gens. C’était aussi notre langage, comme Elsa et son père dans le livre. C’est quelque chose qu’on a développé ensemble et je crois que c’est son plus bel héritage.

Vincent se vante d’avoir eu 77 dans Télé 7 jours contre les 3 TTT dans Télérama d’un obscur auteur croisé en soirée ! Joli clin d’œil…

(Rires). Je préfère parler aux gens qui me ressemblent. Je me sens proche de ceux qui se foutent des apparences. En tant que spectatrice, je suis très souvent plus proche des avis de Télé 7 jours que de ceux de Télérama. Une maison d’édition a mené une enquête sur mon lectorat : toutes les classes sociales y sont représentées, tous les âges et tous les sexes. J’en suis extrêmement fière.

Et vos livres se passent de mère en fille, de copine en copine…

Ça me touche qu’on apprécie assez mes livres pour avoir envie de les partager avec les gens qu’on aime. Il y a même des gens qui se servent de mes livres pour passer des messages, pour se faire mieux comprendre de leurs proches. Je me souviens d’un couple qui avait annoncé à leurs mères respectives qu’elles allaient être mamies avec Chère mamie. D’entrer autant dans la vie des familles et de créer un lien entre les générations, c’est quelque chose de très fort pour moi.

Sur votre compte Instagram, vous évoquez très souvent les ouvrages de vos ami(e)s Serena Giuliano, Sophie Rouvier ou encore Baptiste Beaulieu. C’est beau cette solidarité…

Ce sont des rencontres magnifiques. Je crois qu’on a en commun ce besoin d’écrire et cette sensibilité. On a un groupe WhatsApp dans lequel on échange au moins une fois par jour, on se voit dès que possible. On partage les moments les plus importants de nos vies qu’ils soient joyeux ou tristes. On se dit qu’on a beaucoup de chance de s’être trouvés et que nos vies sont bien plus riches depuis qu’on se connaît.

Par
Amandine Scherer