Valeria Bruni-Tedeschi sans filtre sur le fait de vieillir : “Il m’est très difficile de me regarder dans un miroir” 

Publié le 4 septembre 2024 à 7:17
Marechal Aurore/ABACA
À l'affiche du nouveau film de Morgan Simon baptisé "Une vie rêvée", Valeria Bruni-Tedeschi s'est confiée sur son rapport au temps qui passe et le fait de jouer une mère socialement déclassée, avec laquelle l'actrice partage quelques points communs. 

"Nicole a une vie de rêve. À 52 ans, elle vit dans une cité HLM de banlieue avec son fils de 19 ans, Serge, qui ne la supporte plus. Endettée et sans emploi, elle se voit retirer chéquier, carte bleue, et ses rides se creusent sans qu’elle ne puisse rien y faire. Et si, à l’approche de Noël, la vie se décidait enfin à lui sourire ?". C’est ainsi qu’est présenté "Une vie rêvée", le dernier film de Morgan Simon dans lequel Valeria Bruni-Tedeschi tient le premier rôle, celui de Nicole. Interrogée par nos consoeurs de Madame Figaro, elle a expliqué ce qui l’a séduite dans ce long-métrage. "Avant tout, la rencontre avec le réalisateur, Morgan Simon, que j’ai trouvé très habité par son projet, précis, très travailleur, avec un grand désir de faire le film avec moi. Ensuite, j’ai senti des liens avec le personnage de Nicole, qui m’a semblé à la fois complexe et évident", a-t-elle commencé par répondre. 

Valeria Bruni-Tedeschi a du mal avec son reflet

Dans "Une vie rêvée", Nicole a du mal à accepter son reflet dans le miroir, un point commun avec l’actrice qui l’interprète comme elle l’a confié. "Il m’est très difficile de me regarder dans un miroir, dans un film ou au théâtre. Mon premier travail a donc porté là-dessus. Le second a été d’avoir le courage de me regarder vraiment. Chose que je ne fais plus trop dans la vie", a-t-elle avoué. Et de détailler : "Je n’éprouve plus le besoin de me regarder : chez moi, j’éteins la lumière quand je rentre dans la salle de bains, je ne me maquille jamais et sur un plateau de tournage, je ne me regarde plus sur le combo. C’est compliqué : il y a une dichotomie entre ce que je ressens et ce que je vois".

"Je suis en bonne santé, je me sens très en forme, je suis donc très étonnée quand je me vois dans une glace. Il m’est arrivé de voir une vieille dame, dans le miroir d’un bar, et de me réaliser qu’il s’agissait de mon reflet. Ce que j’y vois, ce sont les marques de la vie, mes souffrances, toutes les personnes mortes, les séparations, les angoisses, les peurs. De la joie aussi, parce qu’il m’en reste un peu", a continué de détailler la soeur de Carla Bruni. Puis de reprendre : "Quant aux rides, je n’en vois pas tellement. Je vois plutôt un visage qui a changé de forme. Dans le film, mon personnage demande à son fils, très naïvement, de lui payer un lifting. La différence entre nous, c’est qu’elle ne peut pas se le payer alors que moi, oui. Mais ce que l’on a en commun, c’est que nous ne l’avons pas fait".  

L’actrice prête à passer par la case chirurgie esthétique ?

Si Valeria Bruni-Tedeschi refuse pour l’heure de modifier son visage à l’aide de la chirurgie, c’est "avant tout", parce qu’elle a peur "que ce soit raté". "Ensuite, parce que j’ai constaté que je n’aurais joué dans aucun des films que j’ai fait dernièrement si j’avais fait un lifting. Parce que j’ai interprété des femmes âgées, ou qui ne peuvent pas se permettre une opération. Mon corps est mon instrument, fait de mes émotions, de mon inconscient. Est-ce que j’ai envie d’en changer ? Peut-être un jour", a indiqué celle qui n’exclut donc pas la possibilité d’avoir recours à la chirurgie esthétique. "Je ne juge pas celles qui y ont recours. Mais j’ai des réticences", a-t-elle conclu. 

Par
Kahina Boudjidj