Michel Boujenah peut remercier sa mère. C’est en effet grâce à elle qu’il s’est lancé dans le monde de la comédie, avec le succès qu’on lui connaît depuis toutes ces années. "Elle chantait quand elle était petite. Le curé de l’école l’avait même réquisitionnée pour se produire dans les églises, alors que nous n’étions pas catholiques. je pense que l’un de ses regrets fut de ne pas faire un métier artistique. Et inconsciemment, elle m’a peut-être poussé dans cette direction", explique le principal intéressé dans La Tribune Dimanche.
Ce métier dont Michel Boujenah rêvait plus jeune
Devenir comédien n’était pas, au départ, dans le plan de carrière de Michel Boujenah. Comme il le raconte à nos confrères, il rêvait en effet de devenir médecin et suivre ainsi les traces de son père. "Vous allez me prendre pour un fou, peu importe. Encore aujourd’hui, à 73 ans, je ressens ce regret de ne pas avoir fait des études de médecine alors que je sais intrinsèquement que j’aurais foutu ma vie en l’air", avoue-t-il avant d’en dire plus sur ses relations avec son père. Il explique ainsi avoir compris, grâce à ses sept années de psychanalyse, que le métier de son père avait, inconsciemment, un énorme impact sur sa santé, lui qui tombait toujours malade. "Comme mon père était médecin et très absent, c’était ma seule façon de passer du temps avec lui, de me sentir exister à ses yeux. Le jour où j’ai compris ça je suis tombé un peu moins malade".
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Michel Boujenah sur le mépris du métier à son égard
Comédien avec plus de 50 ans de carrière derrière lui, Michel Boujenah a été récompensé du César du meilleur acteur dans un second rôle en 1986 pour Trois Hommes et un couffin. Son talent lui a aussi valu deux nominations aux César (en 1994 pour le prix de meilleur acteur pour Le Nombril du monde et en 2004 pour le prix de la meilleure première œuvre de fiction pour Père et Fils) ainsi que pour le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé pour L’Avare en 2022. Malgré cette reconnaissance, il affirme ressentir encore un certain mépris lié à ses origines."Beaucoup de gens dans ce métier n’ont jamais eu la curiosité de venir me voir sur scène, ni même d’essayer de me comprendre. En 2022, j’ai été nommé pour le Molière du meilleur comédien (…) Cela peut paraître dérisoire, mais j’ai ressenti une vraie peine de ne pas l’avoir reçu", glisse celui qui raconte avoir reçu, au début de sa carrière, de nombreux conseils pour perdre son accent.