Jeudi 3 octobre sort aux éditions Thierry Souccar, "Keto Queen", le dernier livre de Marion Bartoli. La tenniswoman qui entend y parler alimentation et abandon du sucre s’est confiée à nos confères du Parisien auxquels elle a accordé une longue interview pour évoquer ses troubles alimentaires passés, son anorexie et la relation toxique qui l’a plongée dans une telle souffrance. "J’étais avec un homme qui passait son temps à me dénigrer. Il me répétait : ‘Regarde la fille dans la rue, elle est plus mince que toi’. Je n’avais jamais un compliment. En 2015, j’entame alors un régime draconien pour que ses brimades cessent. Je voulais lui prouver que j’étais capable de ressembler à un top-modèle, de rentrer dans un 36. J’ai restreint mon apport alimentaire à l’extrême jusqu’à 400 calories par jour. J’ai développé des troubles sans m’en rendre compte", a-t-elle regretté.
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Marion Bartoli dans le déni face à ses troubles alimentaires
Et de confier avoir évoqué un mystérieux virus contracté en Inde pour expliquer sa maigreur alors qu’elle souffrait en réalité d’anorexie. Marion Bartoli a reconnu avoir été "dans un déni total". "C’est le principe même de cette maladie. Le cerveau met en place un mécanisme de défense pour continuer à se restreindre. On se répète que tout va très bien. Quand les journalistes m’interrogeaient, j’évoquais de manière automatique cette histoire de virus car j’avais eu quelques jours de fièvre lors d’un voyage en Inde. Ce n’est évidemment pas ce qui m’empêchait de manger durant des mois. À l’époque, ma seule préoccupation était de savoir comment j’allais réussir à tenir jusqu’à la fin de la journée avec quelques feuilles de salade dans le ventre", a détaillé la maman.
"Le tennis m’a sauvée"
Et de reprendre : "Aujourd’hui, quand je regarde des photos de cette période, je ne me reconnais pas. Je me souviens que j’avais tout le temps froid. Je mettais des couches et des couches de vêtements. Je n’arrivais plus à toucher des objets électriques, à supporter l’eau de la douche sur ma peau. Je dormais tout le temps car je souffrais moins que lorsque j’étais éveillée". Le déclic finit à arriver en 2016 quand elle rejoue à Wimbledon et qu’elle se retrouve exclue pour "raisons médicales".
"J’étais sûre de mes capacités. Puis mon ami Philip (Brook, alors patron du tournoi) me convoque et me dit : ‘Marion, je ne peux pas te laisser jouer, tu vas faire un arrêt cardiaque sur le terrain !’. Ça a été un choc. Dans la vie, vous pouvez tout m’enlever mais pas le tennis !", s’est souvenue la sportive. Et de confier grave : "Je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de me suicider. J’ai alors été hospitalisée durant trois mois". "Ça a été un très long chemin psychologique, une fois hospitalisée pour reprendre goût à la vie, arrêter de me faire du mal, me dire que je valais mieux que ça. Je suis ensuite retournée sur les terrains simplement pour retrouver le plaisir de taper des balles. Le tennis m’a sauvé de l’anorexie. Devenir maman m’a ensuite permis de tourner la page", a-t-elle conclu sereine.