"Caméra éteinte, après cet entretien, elle dira qu’elle ne s’est jamais autant confiée", raconte Audrey Crespo-Mara dans Sept à Huit sur TF1. Ce dimanche 22 septembre dans son "Portrait de la semaine", la journaliste recevait Marina Foïs.
Marina Foïs en deuil à 29 ans : "Pour moi, la mort, c’est la fin"
L’actrice s’est glissée dans la peau de Simone Signoret dans le long-métrage Moi qui t’aimais de Diane Kurys aux côtés de Roschdy Zem, attendu au cinéma pour le mercredi 1er octobre prochain et critiqué par Benjamin Castaldi, leur petit-fils. Le film raconte les douze dernières années du couple formé par Yves Montand et Simone Signoret, avec qui Marina Foïs partage une blessure personnelle : la mort de son frère lorsqu’elle avant 29 ans. "Il pilotait des petits avions et il est mort dans un accident d’avion. On était très, très proches. On avait deux ans et demi de différence. C’est vrai que, quand il y avait des conflits avec mes parents, il prenait systématiquement ma défense. Même quand j’avais tort. Donc, c’était un vrai frère. C’est une douleur… C’est un deuil qui est très particulier. Ça touche à l’enfance et ça touche aux souvenirs. Donc moi, pendant longtemps, penser à mon enfance a été douloureux parce qu’il n’était plus là. J’ai arrêté d’aller en Italie pendant dix ans, parce que l’Italie c’était lui, c’était toutes nos vacances… Et puis, je ne suis pas croyante. Pour moi, la mort, c’est la fin. Je n’ai pas de dialogue (avec lui). Cette conversation s’est brutalement interrompue et j’avoue que je ne suis pas d’accord avec cette idée-là. J’ai considéré qu’il m’avait abandonnée, d’une certaine manière. Il m’a laissée finir ma vie sans lui. Ce n’est pas juste, je n’étais pas contente", raconte la comédienne.
À lire également
Marina Foïs se confie sur le rôle de mère dans Sept à Huit : "La perfection n’existe pas"
Mais Marina Foïs a eu la chance d’être suffisamment gâtée par la vie pour se relever : "Je suis très dotée, moi, dans la vie. Je suis née dans une famille aisée, avec des parents qui s’aimaient, qui ont choisi de faire des enfants, qui ont aimé leurs enfants. Et quand j’ai commencé à travailler, j’ai travaillé tout le temps, beaucoup. Je me suis sentie reconnue assez vite. Donc, j’ai beaucoup de chance ! Après j’ai rencontré un homme que j’ai aimé, j’ai eu deux enfants. Je l’ai rencontré dix jours avant la mort de mon frère. Elle est comme ça la vie : un immense malheur avec un très grand bonheur. La tristesse n’empêche pas la joie, c’est ça qui est bizarre. La joie, c’est une discipline". Aujourd’hui, avec le recul, elle déclare dans Sept à Huit à propos de son rôle de mère : "Il faut assez vite accepter que la perfection n’existe pas, qu’ils auront des choses à nous reprocher et qu’il faudra les assumer. (…) Il y a des tournages loin de la maison. Il y a une année où j’ai passé neuf mois loin de chez moi. Je suis revenue ponctuellement, mais neuf mois, c’est long ! Heureusement qu’il y a un père !".