Simone Signoret et Yves Montand vont revivre, au cinéma, sous les traits de Marina Foïs et Roschdy Zem pour un film très attendu présenté en mai dernier au Festival de Cannes. Mais si ce long métrage de Diane Kurys, baptisé Moi qui t’aimais, a séduit les critiques cannoises, il provoque aujourd’hui la colère d’un des descendants des deux stars : leur petit-fils Benjamin Castaldi.
Le coup de gueule de Benjamin Castaldi contre Moi qui t’aimais
Dans une lettre ouverte publiée par Paris Match, Benjamin Castaldi dit tout le mal qu’il pense de ce film qui sort le 1er octobre au cinéma. "Il y a des films qui rendent hommage. D’autres qui travestissent. Moi qui t’aimais, réalisé par Diane Kurys, prétend célébrer mes grands-parents. Il les efface. Il les réinvente. Il les instrumentalise", dénonce-t-il dans les premières lignes de la lettre ouverte. "Je suis le petit-fils de Simone Signoret et d’Yves Montand. Je n’ai peut-être pas leur talent, mais j’ai grandi dans l’ombre lumineuse de ce couple hors norme. J’ai entendu leurs silences, ressenti leurs douleurs, et mesuré leur intensité. Ce que j’ai vu dans ce film n’est pas un hommage. C’est une fiction paresseuse, bâtie sur des figures déformées et soumises aux codes idéologiques de notre époque", poursuit-il en dénonçant une "récupération" de Diane Kurys.
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Benjamin Castaldi regrette l’image donnée à Yves Montand
L’ancien chroniqueur de Touche pas à mon poste pointe particulièrement du doigt l’image donnée, dans ce film, à ses grands-parents. "À l’ombre du mouvement #MeToo – que je respecte profondément dans ce qu’il a permis de révéler – le film s’autorise un glissement insidieux : faire de Simone une éternelle victime silencieuse, et de Montand un prédateur mondain, lisse et fuyant, quasi-manipulateur. Ce n’est pas le vrai Montand. Et ce n’était pas ça, leur histoire", écrit-il. S’il reconnaît qu’Yves Montand était "complexe, engagé, fier, colérique parfois, passionné toujours", Benjamin Castaldi réfute l’idée que son grand-père ait pu être "un salaud". "Il n’a jamais été cet homme fade et fuyant que montre le film", ajoute-t-il. Quant à sa grand-mère Simone Signoret, il regrette que le film ne montre d’elle qu’une "silhouette douce, docile, usée par l’homme et trahie par la vie". "J’aurais aimé être ému. J’ai été trahi (…) Ce film ne comprend rien à ce que furent mes grands-parents. Il les instrumentalise, il les juge à travers le regard d’une époque qui a besoin de coupables et de victimes. Il les simplifie. Il les rend inoffensifs. Et cela, je ne peux pas l’accepter", conclut-il.
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