L’avis tranché de Bruno Solo sur le métier de comédien : « Maintenant, c’est moins confortable que ça ne l’a été… »

Publié le 5 juillet 2025 à 9:00
Eloise LEGAY/M6
Alors que Bruno Solo fête cette année ses 35 ans de carrière, il ne cache pas que les conditions de travail, tant pour les acteurs que pour les équipes techniques, ont changé, et pas forcément pour le meilleur. Explications.

Découvert en 1990 en animateur de Télé Zèbre (Antenne 2), Bruno Solo n’a depuis jamais quitté le devant de la scène. Comédien reconnu, il a su marquer le public grâce à des comédies comme La Vérité si je mens, Jet Set et bien sûr l’inoubliable série Caméra Café qu’il a lancée avec son complice Yvan Le Bolloc’h. Et aujourd’hui, c’est dans Nouveau jour, la série quotidienne de M6, que ses fans peuvent le retrouver.

Bruno Solo se confie sur les conditions de tournage intense à la télévision 

"Il faut tenir le rythme", nous confie Bruno Solo en confirmant que tourner une série quotidienne est une expérience intense. "Moi j’ai l’habitude, avec Caméra Café, j’avais des tartines de texte à apprendre tous les jours", souligne-t-il avant de faire un bilan sans filtre de l’évolution du métier de comédien ces dernières années. "Les tournages des téléfilms ou des séries en 6 épisodes de 52 minutes durent moins longtemps qu’avant. Quand j’ai commencé les unitaires à la fin des années 1990, on avait 24 jours pour mettre en boite 90 minutes. Aujourd’hui, c’est 19 jours… C’est énorme 5 jours de moins ! Maintenant on tourne 6 à 7 minutes utiles par jour alors qu’avant c’était 3. On pouvait recommencer 5 ou 6 fois une scène, développer les axes davantage, chercher et répéter… Maintenant, il faut être prêt tout de suite. Là, j’ai tourné en juin 10 séquences dans une journée. Il faut être performant", confie-t-il en assurant que les acteurs ne font pas la fête tous les soirs. "C’est des conneries, martèle-t-il. Le soir moi, je suis dans ma chambre avec mon plateau-repas, ma petite salade et j’apprends mes textes. Bon, j’ai 60 piges en même temps ! A mon avis, des jeunes (de Nouveau jour, ndlr) vont faire la fête une fois ou deux puis on va les voir arriver un jour en disant qu’ils vont se coucher tôt ce soir. Il faut bien que jeunesse se passe…"

Comédien, un métier plus difficile qu’avant pour Bruno Solo 

"Ce métier est moins confortable maintenant qu’il ne l’a été pour les comédiens", affirme Bruno Solo qui précise que les acteurs ne sont pas les seuls à pâtir de cette cadence de tournage davantage soutenue. "Les techniciens, c’est pareil. Je vois la vitesse à laquelle les machinos déplacent une caméra et posent les rails, les chefs-opérateurs doivent faire la lumière et les réalisateurs doivent décider de leurs plans… Quand il se met à pleuvoir et que tu avances d’un jour la séquence normalement prévue le lendemain, il faut aller vite mais il y a une sorte d’émulation", confie Bruno Solo. Conscient que le rythme d’une quotidienne peut être difficile sur le long terme, il avoue qu’il "y aura sans doute un moment où tout le monde sera un peu fatigué et en aura marre de se lever tôt". "C’est là qu’il faudra que les jeunes nous poussent en disant : « Oh papy, t’es fatigué ? »", conclut-il en riant.

Par
Pauline Hohoadji