Un engagement et des répercussions. Il y a vingt ans, dans la nuit du 26 au 27 juillet, Marie Trintignant s’effondrait sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat. Après plusieurs jours de coma, elle décédera finalement le 1er août à Neuilly-sur-Seine. A l’occasion de ce triste anniversaire, Lio, amie de la comédienne, a accepté d’accorder une interview à nos confrères de Libération. Elle est notamment revenue sur les conséquences de ses prises de positions féministes. "Quand j’ai pris la parole (sur l’affaire Trintignant, Ndlr), je n’ai reçu pratiquement aucun soutien, si ce n’est d’Antoinette Fouque. Je suis tombée, j’ai tout perdu", s’est-elle remémorée en préambule. "Certains sont allés jusqu’à prétendre que j’avais touché de l’argent, jusqu’à me comparer à une ‘hyène de service’, jusqu’à dire qu’on en arrivait à comprendre le mec qui m’avait cassé la gueule", a-t-elle déploré. Elle assure avoir payé cher son engagement. "Je n’ai plus envie de les séduire, et je crois que c’est ça qu’ils ne pardonnent pas. On aime les femmes qui minaudent. Moi, je plaisais bien quand je chantais Banana Split, quand j’étais comme au bout d’un hameçon à me tortiller, tout en ayant du caractère. La violence s’est déchaînée quand j’ai arrêté de minauder et décidé de parler franchement, comme je le pensais", a-t-elle assuré.
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Alors que l’idée de séparer l’homme de l’artiste revient régulièrement dans le débat public, Lio s’est exprimée la franchise qui la caractérise. "C’est très simple : le phallus qui est dans le sexe d’une femme qui ne l’a pas demandé, comment lui dire qu’il fait partie de l’homme mais pas de l’œuvre ?", a-t-elle ironisé. "Il faut arrêter avec ce délire ! Je ne suis pas pour les autodafés, jamais. Que ceux qui veulent continuer d’écouter ses disques chez eux le fassent. Un salopard peut avoir du talent. Mais pas d’honneur pour les violeurs, les violents", a martelé la chanteuse, qui a tenu à "saluer le courage d’Adèle Haenel et Céline Sciamma quand elles ont quitté les César". Selon elle, "Bertrand Cantat peut écrire pour d’autres, sans monter sur scène, sans qu’on l’applaudisse". "Et à ceux qui disent qu’il a payé sa dette, j’ai envie de dire : quatre ans de prison, c’est ce que vaut la vie d’une femme ?", a-t-elle conclu. L.C