« Elle se sentait oppressée » : Vingt ans après, Lio revient sur le meurtre de Marie Trintignant

Publié le 28 juillet 2023 à 8:41
Abaca
Dans une grande interview accordée à "Libération", Lio a évoqué son amie disparue il y a vingt ans.

C’est un douloureux anniversaire que s’apprête à fêter les proches de Marie Trintignant. En effet, le 1 août prochain marquera les vingt ans de sa disparition. La comédienne avait trouvé la mort, sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat, en 2003. A cette occasion, la chanteuse Lio a accepté d’évoquer son amie dans les colonnes de Libération. "Marie était un soleil. Quelqu’un qui aimait les gens avec une tendresse, un amour, une générosité folle. C’était une gourmande. Quelqu’un qui avait beaucoup de force, tout en étant suave et douce", s’est-elle remémorée en préambule. Elle se souvient également d’une "mère incroyable" possédant "beaucoup d’humour et une grande liberté". L’interprète de Banana Split est également revenue sur les jours qui ont précédé le drame à Vilnius. "Je trouvais Marie fatiguée. Par deux fois, elle avait annulé un dîner ; ça ne lui ressemblait pas. Quelque chose ne tournait pas rond, mais jamais je n’ai pensé qu’elle était en danger avec Bertrand Cantat. Je m’en veux tant. De sa relation avec lui, je ne savais rien, sauf qu’elle était amoureuse", a relaté Lio. 

"Ce qui m’avait marquée, c’est qu’il l’appelait des dizaines de fois par jour, sans arrêt (…) Elle se sentait oppressée, mais disait que c’était sa faute, qu’elle lui en avait trop demandé. Je pense que c’est ce qu’il lui mettait en tête. Je connais très bien ce procédé d’emprise et de manipulation", a-t-elle continué. Lio a également déploré le traitement médiatique de l’affaire à l’époque. "Il y a un journaliste qui a évoqué un ‘règlement de classe’: le monde du cinéma contre le prolétariat de Bertrand Cantat, en somme. C’est une manière de nier la violence masculine, de dire que l’homme n’est que bonté, que le génie masculin est absolu sur cette Terre (…) Il y a toujours une très bonne raison pour que le patriarcat phallocrate tue une femme", s’est-elle insurgée. "On a d’ailleurs entendu que Marie était hystérique, qu’elle avait bu, qu’elle l’avait poussé à bout en le rendant jaloux. Je vomis ce patriarcat rance qui tue la moitié de l’humanité (…) Cette misogynie, cette haine des femmes, est le nucléus de toutes les violences faites aux autres, aux opprimés", a conclu la chanteuse dans un entretien qui aura fait couler beaucoup d’encre. 

L.C

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