Fin de vie : pour que tu aies le choix, c’est le titre du documentaire de Marina Carrère d’Encausse diffusé le 26 septembre prochain sur France 5. Il suit Antoine, un médecin qui a arrêté de travailler lorsqu’il a appris qu’il était atteint de la maladie de Charcot. Rapidement après qu’il l’ait sollicitée pour réaliser ce documentaire, l’animatrice de France 5 est tombée amoureuse de lui. Aujourd’hui, ils sont en couple, et Marina Carrère d’Encausse s’est exprimée sur France Inter dans un témoignage bouleversant pour présenter le documentaire.
À travers ce projet, celle qui présente Le magazine de la santé depuis vingt-trois ans milite pour le droit à la fin de vie pour ceux "qui n’en peuvent plus physiquement et psychologiquement et ne bénéficient d’aucun traitement". "En France on oblige ces patients-là à aller jusqu’en Belgique", ajoute-t-elle, ne cachant pas son incompréhension. D’ailleurs, la médecin échographiste révèle dans le documentaire qu’elle n’hésitera pas à faire elle-même le "geste ultime" s’il le faut, comme Vincent Lagaf’ l’a fait pour sa mère : "J’assume, et je le pense toujours. (…) Je serais prête à lui faire en France, bien évidemment. En me mettant hors-la-loi. J’en suis parfaitement consciente. Je considère que c’est un geste de médecin, mais je ne suis pas son médecin. Mais c’est un geste d’humanité que je considère tout à fait normal".
À lire également
Au début de sa carrière, Marina Carrère d’Encausse n’était pourtant pas pour l’euthanasie : "Quand j’étais jeune médecin, je considérais que les médecins étaient là pour soulager la douleur, toujours, mais pas dans l’idée qu’on pouvait faire ce geste ultime. Et puis j’ai réfléchi à l’époque de la loi sur l’IVG. (…) Il n’y a pas eu d’explosion de cas d’IVG t les médecins l’ont fait par humanité, pour éviter que des femmes ne doivent mourir, ou aller à l’étranger. Et puis on a suivi un médecin belge il y a quelques années, qui racontait ce geste ultime et ça, ça m’a convaincu sur ce rôle du médecin". La présentatrice ajoute qu’elle voit une incohérence dans la situation actuelle en France : "Quand j’entends les médecins de soins palliatifs en France qui expliquent que le but est de soulager le patient quand on fait une sédation profonde et continue, alors que la mort est au bout dans les quatre ou cinq jours, (…) je ne vois pas cette nuance. Dans tous les cas, la mort est au bout. Je pense qu’il faut vraiment qu’on évolue (…) Éthiquement, je n’arrive pas à me raccrocher à ça".