Quel élément vous a donné envie de jouer Anna, qui, en voyageant dans le temps, tente de sauver son mari ?
Claire Keim : Je ne sais jamais vraiment pourquoi j’accepte un projet. C’est très instinctif. Je comprends ce qui a résonné en moi au fur et à mesure que j’en parle après le tournage. Là, j’ai trouvé le scénario original et audacieux. J’ai aussi aimé le côté choral de la série, avec toutes ces histoires bouleversées par cet événement hallucinant. J’aimais beaucoup Anna, même si j’ai eu du mal à la cerner au départ. Elle me semblait digne, mais un peu froide, loin de ce que je suis dans la vie.
Qu’apporte le côté fantastique à cette série ?
C’est un support merveilleux pour aller au fond de l’être humain. Le fantastique provoque de telles émotions exponentielles ! L’un des premiers films que j’ai pu voir au cinéma était Dark Crystal (de Jim Henson et Frank Oz, sorti en 1982, ndlr), une oeuvre très spéciale, avec des marionnettes. Mais elle m’a procuré des sensations folles…
À lire également
Vous ne diriez donc pas non à un film de pure science-fiction ?
Je n’ai aucun veto, aucun plan de carrière. Au contraire, je suis impatiente et curieuse de voir ce que je peux faire après. J’ai l’impression de ne pas choisir mes rôles : ce sont eux qui viennent à moi. C’est parfois le bon moment de raconter une histoire en particulier, et je ne sais pas pourquoi… Peut-être parce que les planètes s’alignent. Je serais bien présomptueuse de vous dire que je maîtrise quoi que ce soit…
Votre personnage est ramené un an en arrière. Un tel bond dans le passé vous plairait-il ?
Ce serait horrible, un vrai cauchemar ! (Rires) Je n’ai pas du tout envie de vivre ça… Il m’est déjà arrivé, du temps de la pellicule, que l’on doive refaire toute une journée de tournage, après la destruction des bobines. On a le sentiment de mourir, c’est très bizarre. Reproduire quelque chose que l’on a déjà fait, et dans les mêmes conditions, est assez insupportable. Je ne veux pas revenir en arrière.
Même si c’est pour éviter certaines blessures ?
Je ne veux rien changer, pas même les choses qui m’ont fait souffrir… Je suis fataliste : je prends ce que la vie m’envoie, même si c’est parfois très difficile. Ce serait déloyal et ingrat de modifier quelque chose au dessein fait pour moi. Le moindre changement aurait, en plus, des conséquences sur tout le reste de ma carrière ou de ma vie. Je ne veux pas qu’elles soient différentes.
À lire également
Vise le coeur (TF1) Claire Keim : « Avec Lannick Gautry, sous étions presque en famille »
Ce saut dans le temps vous a-t-il compliqué le tournage ?
C’était un jouet qui nous a permis de redistribuer les cartes et de beaucoup nous amuser. Je faisais parfois des annotations dans mon scénario pour me rappeler le contexte. Il fallait aussi faire attention à la continuité, pour ne pas être perdu.
Vous tournez beaucoup pour la télévision, moins pour le cinéma. Est-ce un regret pour vous ?
De temps en temps, oui. Je vois des petites choses qui me plaisent tellement et qui ne peuvent pas être racontées à la télévision… J’ai longtemps cherché des réponses à cette question : « Pourquoi ne vous voit-on pas plus au cinéma ? » Je ne sais pas l’expliquer. Ça me touche par moments, mais je me dis que j’ai tellement de chance avec tout ce que j’ai déjà, que je ne peux pas me plaindre. Mais ça reste un grand mystère pour moi.
Année Zéro : mardi 3 janvier à 21h10 sur M6
INTERVIEW PAULINE HOHOADJI