“C’était un très grand anxieux” : les confidences touchantes de Laurent de Funès sur son grand-père

Publié le 31 juillet 2025 à 16:01
Starface
Laurent de Funès lève le voile sur une facette méconnue de son célèbre grand-père. Avec pudeur, tendresse et nostalgie, il évoque leurs souvenirs partagés, les tensions familiales, les visites en cachette, mais aussi les fragilités d'un homme rongé par le doute. 

Dans une interview accordée à Purepeople ce jeudi 31 juillet 2025, Laurent de Funès brise le silence sur sa relation privilégiée avec son illustre grand-père. Publicitaire reconverti au théâtre après un drame personnel, le petit-fils du génie du rire français nous offre un regard inédit sur l’homme derrière le masque comique. 

Né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, Louis de Funès s’est imposé comme l’une des figures les plus marquantes du cinéma français. De "La Traversée de Paris" en 1956 aux côtés de Bourvil et Jean Gabin, jusqu’à "L’Aile ou la Cuisse", en passant par "Le Gendarme de Saint-Tropez" et "Les Aventures de Rabbi Jacob", l’acteur a marqué des générations entières. Pourtant, derrière cette réussite éclatante se cachait un homme tourmenté, comme le révèle aujourd’hui son petit-fils.

Un grand-père tendre loin de ses personnages 

"Il est mort quand j’avais 22 ans", confie Laurent de Funès avec émotion. Leurs relations, initialement fusionnelles, se sont compliquées au fil des années familiales mouvementées. "On s’est beaucoup vus quand j’étais enfant. Puis, à partir de 1975, quand il a été malade, il a arrêté de tourner et de venir à Paris. Et là, ça s’est compliqué. Mon père Daniel s’était fâché avec sa nouvelle femme, Jeanne de Funès. C’était donc un sujet de tension", se souvient-il.

Malgré ces tensions, l’acteur trouvait des moyens détournés de maintenir le lien avec sa famille. "Elle ne voulait plus qu’il [les] voie. Lui s’en fichait. Il nous appelait en douce”.

Mais l’homme en privé est bien différent de ses personnages. "Il ne faisait pas le clown à la maison", insiste son petit-fils. "C’était quelqu’un de très attentif, très doux. Mais pas drôle comme dans ses films. Il écoutait, posait des questions, s’intéressait à nous. Il ne parlait jamais de cinéma"

L’angoisse permanente d’une star au sommet

Derrière le succès phénoménal se cachait une personnalité rongée par l’anxiété. "C’était un très grand anxieux. Je crois qu’il n’a jamais été vraiment tranquille de toute sa vie", révèle Laurent de Funès. "Les dix dernières années, qui ont été les plus belles de sa carrière, celles où il a véritablement explosé au cinéma, ont aussi été les plus éprouvantes. Il avait une pression constante sur les épaules."

Cette angoisse se manifestait particulièrement lors des sorties de films. "Il avait peur que ses films ne marchent pas. Il me téléphonait souvent après une sortie : ‘Alors, t’as aimé ou pas ?’ Pour Rabbi Jacob, par exemple, il était persuadé que ce serait un échec. Il me disait : ‘Ce film n’est pas drôle.’ Il n’avait jamais confiance, même au sommet."

Sur les plateaux de tournage, cette insécurité se transformait en perfectionnisme maladif. "Il était très exigeant. Il disait : ‘Si le film est raté, ce sera de ma faute.’ Il ressentait ce poids, cette responsabilité", explique son petit-fils. L’acteur confiait régulièrement ses angoisses : "Maintenant que je suis numéro un, j’ai une pression gigantesque. Quand j’étais numéro deux, c’était plus facile."

Cette pression l’amenait à "tout contrôler, chaque geste, chaque silence". Son approche du jeu, nourrie par sa formation de mime, ne laissait rien au hasard. "Il avait un sens du jeu exceptionnel, nourri par le mime, le regard, le langage du corps", souligne Laurent de Funès.

Aujourd’hui, Laurent de Funès perpétue autrement la mémoire familiale à travers son spectacle "Deux Funès", tentant de réconcilier l’image publique et la réalité intime de celui qui reste "l’homme aux quarante visages par minute". 

Par
Mélissa Tellaa