L’idée du fils…
C’est Patrick, le fils de Louis de Funès, qui découvre, en 1980, le roman de René Fallet, sorti chez Denoël. Ce livre raconte les tribulations éthyliques et gustatives de Claude Ratinier, alias Le Glaude, et de Francis Chérasse, dit Le Bombé, deux paysans septuagénaires retirés dans l’Allier. En plein concours de pets, ils reçoivent la visite d’un extraterrestre… Amusé, Patrick en parle à son père, qui adore ce conte rural… pour le moins atypique.
Le diktat des assurances
Louis de Funès, victime de problèmes cardiaques depuis 1974, frôle l’infarctus à chaque scène, et au fil des cinq semaines de tournage, ses traits sont de plus en plus tirés. Un cauchemar pour les assureurs, qui ont imposé par contrat à l’acteur, 67 ans, des conditions de travail spécifiques : interdiction de tourner entre 21 heures et 6 heures du matin, et repos d’une demi-heure entre chaque scène. Ils obligent même Francis Girault à poser ses caméras en Seine-et-Marne, près de Champeaux, et non à Jaligny-sur-Besbre, bourgade de l’Allier du roman. Motif : situé non loin d’un héliport et à 70 km de Paris, ce lieu permet de transporter l’acteur en hélicoptère dans un grand hôpital parisien en moins d’une demi-heure.
À lire également
Oscar (France 2) Comment Louis de Funès a fait de Claude Gensac sa « femme de cinéma »
Jacques Villeret, le timide maladif
Imposé par le producteur Christian Fechner, qui croit en son potentiel comique, le jeune comédien, 30 ans, doit incarner La Denrée, extraterrestre venu de la planète Oxo. Lors des essais, Louis de Funès met une pression insensée au malheureux, qui souffre déjà d’une timidité maladive : "Si tu rates ce rôle, ce sera peut-être la fin de ta carrière." Mais, une fois sur le tournage, qui débute le 6 juillet 1981, l’acteur vedette se montre bienveillant avec son partenaire, l’aidant chaque jour à bien formuler ses répliques. Détendu et mis en confiance, Jacques Villeret va alors donner le meilleur de lui-même.
La “noyade” de Jean Carmet
À 61 ans, l’acteur accepte avec enthousiasme, à la demande de son ami Louis de Funès, de jouer Le Bombé. Mais, sur le tournage, Carmet déchante vite : ce fou de grands crus de Bourgogne est obligé d’ingurgiter des litres d’eau colorée, à la place du vin. Le comédien, disparu en avril 1994, témoignait :" J’avalais un litre d’eau teintée par scène. Et comme on faisait plusieurs scènes, il m’arrivait d’en boire cinq à six litres par jour… J’ai bien cru me noyer !"
Une authentique soucoupe volante
L’incroyable ovni piloté par Jacques Villeret n’est pas une maquette, mais une soucoupe volante de 4 m2, en bois, verre et Plexiglas, imaginée par Guy Delécluse, décorateur spécialiste des effets spéciaux. Sa conception a exigé quatre mois de travail… pour cinq minutes seulement d’apparition à l’écran !
La Soupe aux choux : lundi 23 octobre à 21h10 sur France 3
Jean-Baptiste Drouet