Thomas VDB : « J’ai vécu des moments où j’avais l’impression de flotter hors de mon corps »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:31
Starface
Quatre ans après Comedian Rhapsodie, l’humoriste et comédien Thomas VDB sort un nouvel ouvrage hilarant où le fiasco est roi ! Interview.

C’est assez rare d’avoir le courage de revenir sur ses échecs…

Je ne me suis pas dit une seule seconde que c’était courageux. Ce sont des histoires qui me font rire. Ce qui me console toujours d’un échec, c’est de me dire : "Je vais bien". J’en fais une histoire qui me fait rire, que je raconte à mes potes. Au bout d’un moment, j’en avais beaucoup, des histoires d’échecs qui faisaient rire mes potes. Alors je me suis dit : je vais en faire une collection ! Le but était d’écrire un livre qui amuse ou qui rassure. Je n’ai aucun problème à exhiber des trucs foireux.

On se rend compte également à travers le livre que vous avez beaucoup de mal à dire non…

C’est vrai que dire non, c’est un concept qui m’est étranger. Ces dernières années, j’étais en tournée, j’étais bien occupé, donc je ne me posais pas la question. Maintenant que je suis en phase d’écriture de mon nouveau spectacle, je pourrais ralentir, mais la peur du vide fait que je remplis vite mon planning. Et puis je ne sais pas inventer de fausses excuses. Quand on m’appelle, j’ouvre à peine mon agenda et je dis : "Oui !"

Thomas VDB revient sur son départ de France Inter

Procrastiner, c’est aussi une philosophie de vie chez vous ?

C’est un mélange de paresse et du fait que je suis hyper efficace dans l’urgence, beaucoup moins quand j’ai de l’avance.

On voit aussi que devenir humoriste, c’est apprendre en permanence…

Oui. Et surtout écrire et réécrire encore et encore. Au début, je pensais que si une vanne avait marché trois fois, elle marcherait toujours. Mais il faut retravailler, modifier, ajouter. Et j’étais trop seul. Les interactions, les bandes de comédiens, c’est essentiel. Travailler à plusieurs, c’est plus que la somme des idées de chacun.

Dans le livre, vous parlez également de votre passage éclair à la télé, où vous présentiez l’émission Hebdo Musique Mag sur France 2…

Oui, j’étais un peu un ayatollah du rock quand on m’a proposé d’animer cette émission de variété. C’était le niveau maximum de la variété française, d’ailleurs ! (Rires) J’avais l’impression que plein de gens allaient me tomber dessus en me disant : "Mais toi, tu es censé être LE mec du rock !" C’était idiot, mais je me sentais presque en train de trahir mon intégrité de fan de musique. Je présentais des artistes que je n’avais jamais écoutés. Je me sentais à côté de moi-même, pas à ma place. Au début, on m’avait parlé d’un casting du type Aznavour/Justice, et je me suis retrouvé avec Natasha St-Pier et Isabelle Boulay. Ce n’était pas du tout la même ambiance ! J’ai vécu des moments où j’avais l’impression de flotter hors de mon corps. Quand l’émission s’est arrêtée, j’ai ressenti un énorme soulagement, comme si on m’enlevait une arête de poisson coincée dans la gorge.

Vous intervenez sur Radio Nova, tous les mercredis matin à 8h. Vous avez quitté France Inter et suivi vos camarades en 2024, après le renvoi de Guillaume Meurice, licencié "pour faute grave"…

J’étais triste de quitter Inter parce que j’adorais cette radio, mais je ne me voyais pas rester après ce qui s’était passé. On était arrivé à un moment où on pouvait se faire virer pour "insolence", alors que partout dans les couloirs, le mot "impertinence" était mis en avant ! Ça n’avait plus de sens.

Thomas VDB bientôt au casting du prochain volet de Kaamelott

Et côté cinéma ou séries, des projets ?

Oui ! Je serai dans le prochain Kaamelott. C’était une expérience incroyable. Alexandre Astier ne donne pas le scénario complet, seulement les scènes de chacun, la veille de chaque jour de tournage. Moi, ça me va très bien de découvrir mes répliques au dernier moment. Astier a tout le film en tête, il te replace dans l’histoire avant chaque scène, c’est hyper confortable. Et puis j’ai tourné avec des gens incroyables : Redouane Bougheraba, Clovis Cornillac, Guillaume Gallienne… Un mélange improbable entre la Comédie-Française et les blagues de Redouane !

Dernière question : est-ce difficile de mettre ses enfants au "boulot" quand on pratique soi-même la procrastination ?

C’est compliqué (rires). Ils vont grandir en sachant que leur père a écrit un livre sur ses échecs. Je veux leur apprendre qu’on peut être heureux même si on se plante. Et sans arrogance. La confiance en soi, c’est bien, mais je déteste les démonstrations de confiance. Mon livre, c’est une façon de dire : "Ce n’est pas grave d’avoir honte, ce n’est pas grave de rater."

Fiascorama (Éditions Buchet/Chastel)

Par
Amandine Scherer