Qui est Mélissa Da Costa, l’écrivaine française à l’incroyable succès ?

Publié le 14 août 2024 à 7:55
ABACA
A 34 ans, elle est l’écrivaine la plus lue de France. Alors que son premier roman est en cours d’adaptation par TF1, Mélissa Da Costa sort aujourd’hui un septième roman déroutant. Portrait d’une stakhanoviste passionnée.

"Fin de règne pour Guillaume Musso" titrait le magazine Les Échos le 18 décembre dernier. Après douze ans à la tête du classement des plus gros vendeurs de livres en France, l’écrivain était détrôné. Par qui ? Une auteure de 34 ans dont le nom est sur toutes les lèvres et surtout, dont les livres s’arrachent comme des petits pains : Mélissa Da Costa.

Tenir debout : un 7eme roman très attendu

En six romans (le septième, Tenir Debout, aux éditions Albin Michel, sort le 14 aout), cette jeune maman est devenue incontournable. Trois millions de livres vendus, des ouvrages traduits en 30 langues et des adaptations en cours de la plupart de ses romans, pourtant pas de quoi perdre pied pour cette jeune femme au succès discret "C’est génial, bien sûr, c’est une belle reconnaissance. Mais au quotidien, ça reste assez flou, pas palpable. Je continue d’écrire comme je le faisais avant, je me sens juste comblée de tous ces lecteurs qui me suivent roman près roman et qui vibrent avec moi." Ses débuts, plutôt classiques (la passion de l’écriture dès l’âge de 7 ans, l’autoédition avant d’être repérée) confortent dans l’idée que tout est possible quand on a la flamme. Quid de la méthode "Da Costa" ? "Je n’hésite pas à laisser tomber des romans qui sont très avancés quand je me rends compte que je ne ressens plus rien, que ça ne me fait plus vibrer, avoue l’auteure. Ça m’est arrivé récemment : pendant toute ma grossesse, j’ai travaillé sur un roman pendant plusieurs mois, il ne me restait qu’un seul chapitre à écrire, j’avais déjà quasiment 300 pages. Mais je n’y croyais plus. Je l’ai laissé et je sais que dans un an, deux ans, six mois, je le reprendrai et j’en mettrai 90% à la poubelle. Du coup, je suis en écriture d’un nouveau projet et cela fait déjà trois fois que je le reprends de zéro, en modifiant les personnages, les éléments d’intrigue, en supprimant des flashbacks, on en rajoutant d’autres…".

Quand les romans prennent vie

Celle qui varie les genres à chaque nouveau titre et chérit des thèmes comme l’introspection, les choix de vie, la fuite en avant, le deuil, ou encore la résilience ne va jamais à la facilité. "Je le fais pour moi, en fait, je ne veux pas m’ennuyer. Il faut que je m’amuse, que j’aille gratter des sujets qui vont me passionner, que je ne connais pas, et que j’ai envie de découvrir". Et d’accepter joyeusement l’idée que ces personnages ne soient pas toujours très aimables et ces romans pas vraiment "feel good" comme certains aiment le répéter… à tort ! "La littérature, ce n’est pas fait pour enrober ou enjoliver la réalité, c’est pour dépeindre les choses telles qu’elles sont." Dans son dernier roman, Tenir debout, elle s’est d’ailleurs mise au défi de parler d’un couple, fragile, dont la vie explose en mille morceaux après un accident. "Je ne voulais pas mettre de filtre, je voulais quelque chose de cru, sans détour, sans œillère, balancer la réalité en pleine face. Quand on est privé de ses jambes, de son autonomie, d’une partie de sa liberté et de tout ce qui peut, soi-disant, faire le ciment du couple, à savoir le désir et la sexualité, comment se réinvente-t-on ?".

Bientôt une mini-série sur TF1

Prochainement, elle assistera au passage de l’écrit à l’écran de deux de ses personnages fétiches, Emile et Joanne, héros de son premier roman Tout le bleu du ciel. C’est Hugo Becker et Camille Lou qui leur donneront vie le temps d’une série pour TF1. "Je vais bien évidemment prendre des billets de train pour aller passer quelques jours sur le tournage et découvrir l’envers du décor. J’ai hâte…".

Par
Amandine Scherer