Frappé par la maladie de Charcot, l’ancien journaliste sportif Charles Biétry, aux côtés du député Olivier Falorni, interpelle à nouveau le président de la République sur RTL.
"Cela devient insupportable" : un cri d’alarme face à l’enlisement du débat
Pour Charles Biétry, qui célèbre ses 82 ans ce mercredi 5 novembre, l’attente est devenue insoutenable. L’ancien patron des sports de Canal+, icône du journalisme sportif français pendant plus de quatre décennies, se bat aujourd’hui contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), plus connue sous le nom de maladie de Charcot. Cette pathologie neurodégénérative incurable paralyse progressivement les muscles et conduit généralement au décès dans les trois à cinq ans suivant le diagnostic. C’est de cette même maladie dont souffre l’acteur américain Eric Dane.
Ce mardi 4 novembre, accompagné du député MoDem Olivier Falorni, fervent partisan d’une aide à mourir et à l’origine des propositions de loi sur ce sujet, Charles Biétry a remis en main propre au chef de l’État une lettre ouverte lors de sa visite aux Assises de l’économie de la mer à La Rochelle. Le document exprime sans détour leur exaspération face aux retards législatifs.
"Vous savez combien nous tenons à ce qu’une loi développant les soins palliatifs et permettant le droit à une aide à mourir soit enfin votée dans notre pays", écrivent-ils au président. "Une loi de libre choix, quand la vie ne devient plus qu’une insupportable agonie." Les deux hommes se disent "inquiets de l’enlisement" et "exaspérés du blocage" dans l’adoption de cette législation cruciale.
Leur constat est sans appel : "Néanmoins, nous constatons que le parcours législatif de ce texte n’avance pas comme il le devrait. Régulièrement retardé, reporté, réinscrit puis de nouveau ajourné… Cela devient insupportable !" Ils insistent avec force : "Les malades en fin de vie, eux, n’ont pas le temps d’attendre. Vis-à-vis d’eux, cette situation de blocage est une forme d’indécence."
Un parcours parlementaire chaotique
Les deux textes sur la fin de vie – le premier consensuel sur les soins palliatifs, le second nettement plus sensible sur la création d’une aide à mourir – avaient pourtant été adoptés en première lecture à l’Assemblée nationale fin mai dernier. Mais leur cheminement a été brutalement perturbé par la chute du gouvernement de François Bayrou, puis par la démission de Sébastien Lecornu, finalement renommé Premier ministre.
Depuis, le calendrier s’est considérablement assombri. Plusieurs sources parlementaires évoquent un examen en janvier prochain à la chambre haute. De son côté, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a annoncé fin octobre un nouveau débat à l’Assemblée en février, après discussion au Sénat.
Des délais qui paraissent une éternité pour ceux qui souffrent au quotidien et dont les jours sont comptés.
Charles Biétry, qui avait confié en janvier 2024 qu’il lui restait "quelques semaines ou quelques mois à vivre", ne peut se résoudre à cette lenteur administrative face à l’urgence de sa situation.
L’appel solennel de Charles Biétry
Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse, Charles Biétry et Olivier Falorni formulent une demande explicite au président de la République. "Si cet enlisement se poursuivait en début d’année prochaine, nous vous demandons solennellement de consulter directement les Français par référendum avant l’été 2026 sur les textes de loi votés en mai dernier par les députés", réclament-ils.
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Cette option du référendum n’est pas nouvelle dans la bouche d’Emmanuel Macron. En mai dernier, le président n’avait pas fermé la porte à une telle consultation populaire, la qualifiant de "voie pour débloquer (le processus législatif du texte au Parlement)" et permettant "aux Françaises et aux Français de s’exprimer" directement sur ce sujet de société majeur. Il avait toutefois précisé qu’il le ferait "avec beaucoup de précaution".
L’ancien commentateur, qui envisage un suicide assisté en Suisse, avait poursuivi avec une dignité désarmante : "Sans les souffrances qu’on m’annonce atroces, sans que ceux que j’aime restent des semaines auprès d’un corps inerte, sans qu’on vienne me priver de mon dernier espace de liberté, le choix de ma fin de vie."