"Aucun doute" sur le détournement de l’argent des contribuables européens, a affirmé la présidente du tribunal ce lundi 31 mars. "Marine Le Pen est au coeur de ce système. (…) Les embauches sont décidées par Marine Le Pen sans que les députés ne soient consultés", a-t-elle ajouté au sujet de Marine Le Pen qui reste députée, et aurait même le droit d’être nommée ministre si Jordan Bardella venait à être ély président.
4,1 millions d’euros détournés par le RN
Au total, ce sont 4,1 millions d’euros qui ont été détournés entre 2004 et 2016 par Marine Le Pen et huit autres figures du Rassemblement National dont l’ancien conjoint de Marine Le Pen, Louis Aliot, et Thierry Légier, garde du corps de Jean-Marie Le Pen puis Marine Le Pen. La peine prononcée s’élève quatre ans de prison dont deux fermes, qu’elle pourra effectuer à son domicile avec un bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inégibilité avec exécution provisoire. Pour se défendre, celle qui souhaite à nouveau se présenter à l’élection présidentielle en 2027 était reçue sur le plateau du journal télévisé de 20 heures de Gille Bouleau sur TF1 hier soir, où elle a affirmé qu’elle ferait appel à cette décision de justice "le plus vite possible".
À lire également
Mort du petit Émile : « Le prêtre soupçonnait le grand-père, il m’a expliqué que… » (VIDEO)
Gilles Bouleau bouscule Marine Le Pen dans le 20h de TF1
Dans cette affaire de contrats fictifs d’assistants parlementaires euro-députés, il y a eu "152 pages de jugement", a rappelé Gilles Bouleau. "On vous applique à vous ce que vous plaidiez hier. (…) C‘est arrivé avant vous, madame Le Pen. C’est arrivé à Hubert Falco, maire de Toulon en (avril) 2023. Et un député de votre parti, Franck Allisio, a dit ‘c’est très bien, justice a été rendue’ ! Et Hubert Falco a quitté sa mairie dans les minutes qui ont suivi le jugement, madame Le Pen ! On ne vous a pas entendue, à l’époque !", a martelé le journaliste auprès de celle qui a réclamé il y a des années "l’inégibilité à vie" des politiciens reconnus coupables de détournement de fonds publics.
Marine Le Pen perd patience après une question de Gilles Bouleau
"Il n’y a pas d’enrichissement personnel, il n’y a pas de corruption", a rétorqué Marine Le Pen. "Le majordome de Jean-Marie Le Pen avait-il le droit d’être payé par les contribuables français ?", a alors demandé le journaliste de TF1. Cela a fortement irrité son invitée. "Je vous en supplie, vous ne maîtrisez pas le sujet", s’est-elle exclamée. "Si, un peu", a répondu Gilles Bouleau. "Non. Il y a deux types d’assistants parlementaires. Ceux accrédités qui doivent être à Bruxelles et les assistants parlementaires locaux qui, évidemment comme leur nom l’indique, doivent être sur le terrain aux côtés des français", a-t-elle expliqué. "Je vais mener les recours que je peux, il y a un petit chemin. Certes, il est étroit, mais il existe. Nous sommes tous innocents", a ajouté la figure d’extrême-droite. Marine Le Pen a conclu en affirmant que si son appel vient à la condamner, mais cette fois sans exécution provisoire, elle n’hésitera pas à candidater à l’élection présidentielle malgré sa condamnation pour détournement de fonds publics : "Évidemment que je le ferai".