Calogero rabroué par le RN qui a utilisé sa chanson sans son autorisation : « Monsieur Calogero fera une petite sieste et prendra un thé »

Publié le 7 juin 2024 à 8:27
YannOrhan
Après avoir diffusé le titre "1987" à la fin d'un meeting de Jordan Bardella, le parti politique d'extrême-droite s'est attiré les foudres de son interprète.

Ce dimanche 2 juin, le Rassemblement National a défrayé la chronique en diffusant 1987, un tube de Calogero, à la fin d’un meeting de Jordan Bardella au Dôme de Paris dans le cadre des élections européennes. Dès le lendemain, l’artiste a publié un communiqué sur les réseaux sociaux menaçant de poursuivre le parti en justice. "J’ai été scandalisé (…). À aucun moment, je n’ai donné une quelconque autorisation d’y diffuser ma musique. J’affirme que jamais je ne l’aurais donnée. Mes chansons ne sont pas faites pour le cadre politique, elles appartiennent au public et seulement au public. Je m’oppose fermement à ce que ma musique soit récupérée par quelque parti que ce soit. Paul Ecole, auteur du texte 1987 et moi-même, déplorons une grave atteinte à notre droit moral dès lors que mon œuvre est associée à un discours politique. Je me réserve le droit de donner toute suite judiciaire à cette affaire", a écrit le célèbre auteur-compositeur interprète, furieux.

"Ça n’a aucune importance"

On ne compte plus les fois où le parti d’extrême-droite a utilisé des chansons sans l’autorisation des artistes – le dernier en date était Woodkid. "Pourquoi ne pas lui avoir demandé l’autorisation tout simplement ?", a demandé Adrien Gindre au député Jean-Philippe Tanguy dans la matinale Bonjour ! sur TF1. "Il faut que Monsieur Calogero redescende ! C’est une playlist qui s’est lancée par hasard, ça aurait pu être n’importe quelle chanson, (…) il y avait plein de musiques", a répondu sèchement l’homme politique, avec une explication peu probable qui n’a pas du tout convaincu le chef du service politique de TF1. "Bon écoutez, tout ça est très loin de ce que les gens veulent savoir et connaître pour les élections européennes. (…) Tout ça n’a aucune importance", a ajouté Jean-Philippe Tanguy, mal à l’aise. 

"Il s’en remettra"

"Vous avez eu à la fois Calogero qui menace de vous poursuivre, la gendarmerie qui vous dit que ce n’est pas possible… Vous êtes certes très haut dans les sondages, mais ça renvoie le sentiment que vous considérez que vous pouvez faire tout ce que vous voulez", a conclu Adrien Gindre. "Mais on ne fait pas ce qu’on veut ! (…) Pour les gens, il y a la plus grave crise du pouvoir d’achat depuis 3 ans, la crise de l’énergie, la guerre aux portes des frontières européennes… Et on en est à ce que monsieur Calogero n’est pas content parce qu’on a utilisé sa chanson. Monsieur Calogero fera une petite sieste et prendra un thé. Et puis, il s’en remettra ! Quand il se rendra compte qu’il a une vie privilégiée – et tant mieux – grâce à son talent, il pourra se rendre compte que les Français ont de vrais problèmes bien plus graves qu’il faudrait traiter", a insisté le député du RN, refusant d’admettre l’écart de conduite du parti et de présenter ses excuses au chanteur.

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