Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé d’être ce prof bouleversé par une de ses élèves, harcelée ? Vous avez flippé ?
Calogero : Un peu… (Sourire) Quelques amis m’avaient encouragé, par le passé, à faire du cinéma. À chaque fois, je refusais l’idée. J’aime trop les films et les acteurs pour m’improviser comédien. C’est Jérôme Cornuau, le réalisateur de Respire, qui m’a donné envie d’accepter ce rôle. Quand je l’ai rencontré, je ne savais pas qu’il se cachait derrière le film Les Brigades du Tigre, que j’ai adoré. Je suis féru d’Histoire, je connais toute la carrière de Georges Clemenceau par cœur. Je ne suis pas beaucoup allé à l’école, mais c’est un sujet qui me passionne. Quand il m’a parlé de ce professeur de musique, qu’il m’a mis en confiance, me faisant comprendre qu’on pouvait construire le personnage ensemble, quelque chose s’est débloqué en moi. Mais je savais que j’allais devoir travailler…
Et c’est ce que vous avez fait !
Oui ! Jérôme m’a mis entre les mains d’une coach, car je n’avais jamais joué la comédie de ma vie… J’ai beaucoup aimé évoluer au milieu de jeunes comédiens, dans ce cours à Montreuil (Val-de-Marne). Et puis, j’avais aussi envie de faire passer des messages à travers le personnage, je voulais faire de lui un professeur bien dans ses baskets, qui joue de la musique un peu ethnique… J’aurais adoré croiser quelqu’un comme lui pendant ma scolarité !
Surtout que vous avez connu l’échec scolaire…
Oui. De mon premier jour de CP, j’ai un souvenir extrêmement traumatisant. J’ai pris une paire de claques de la part de mon institutrice parce que je ne mettais pas les points sur les I. C’est ce qui explique, peut-être, que j’ai été en échec tout le restant de ma scolarité. Mon père était souvent convoqué. Il faut préciser aussi que j’ai fréquenté un collège difficile, à Échirolles, en Isère. Les conditions étaient très particulières. La violence ne venait pas des professeurs, qui, à l’époque, pouvaient la pratiquer, mais des élèves. Je l’ai subie deux ou trois fois… Aujourd’hui, je pense que les enseignants sont démunis face à certains enfants qui pensent que tout leur est permis. De mon temps, il y avait du harcèlement, des bagarres et de l’agressivité, mais quand un professeur haussait le ton, c’était terminé. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
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Est-ce que certains enseignants vous ont marqué malgré tout ?
Oui, en CM1, j’ai connu un instituteur génial, dans le genre soixante-huitard. Il faisait carrément des pauses pour nous commenter l’actualité, et discuter des choses qui l’excédaient ou qu’il avait entendues aux infos. De temps en temps, il prenait sa guitare et nous jouait des chansons de Maxime Le Forestier. J’étais en total décrochage, mais lui me tenait.
Le 8 septembre, vous publiez un nouvel album, A.M.O.U.R. Pourquoi avez-vous eu envie de raconter ce sentiment sous toutes ses formes ?
D’abord parce que c’est un sujet inépuisable dans la chanson. Pourtant, je ne l’avais jamais fait. Le public m’a connu grâce à des titres qui traitent de thématiques sociétales, comme Yalla ou Face à la mer. En général, la carrière des chanteurs commence souvent par une grande chanson d’amour… sauf la mienne ! Mais, attention, il y a aussi des titres, comme La nuit n’est jamais noire, en duo avec Gaëtan Roussel, ou Derrière ma fenêtre, qui n’abordent pas ce thème. Je n’aime pas les albums « concepts », livrés avec un mode d’emploi.
L’interview complète de Calogero est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours disponible dans les kiosques ce lundi 4 septembre.