Gérard Depardieu continue de susciter la controverse. Depuis la diffusion le 7 décembre dernier d’un numéro de Complément d’enquête dédié à l’acteur, intitulé Gérard Depardieu : La chute de l’ogre, démontrant le comportement problématique du comédien, plusieurs femmes ont pris la parole en accusant l’artiste aujourd’hui âgé de 74 ans de viols et d’agressions sexuelles. Invitée lundi dernier au micro de France Inter, Anouk Grinberg a défendu Charlotte Arnould, qui accuse l’acteur de viols et dont la plainte a conduit à la mise en examen du comédien. "Très, très vite, quand elle est chez lui, il lui dit que ça fait une semaine qu’il fantasme sur son petit corps de garçon. (…) Quand il lui dit qu’il fantasme sur elle depuis une semaine, c’est dire aussi combien il avait prémédité ça (…) Ce que personne ne sait, c’est que Charlotte était vierge. Gérard Depardieu lui a demandé si elle l’était. Dans cette espèce de climat de terreur et d’amour qu’il a créé, elle lui a dit la vérité. Au lieu que ça fabrique du respect chez lui, cette espèce de s****d l’a violée avec son gros doigt."
Ce mardi 12 décembre, Christophe Carrière, ancien chroniqueur de Touche pas à mon poste de 2010 à 2020, a partagé un nouveau témoignage accablant concernant Gérard Depardieu lors de sa venue dans l’émission Culture Médias sur Europe 1. Le journaliste spécialisé dans le cinéma a raconté avoir lui-même subit une agression sexuelle de la part de l’acteur : "C’était en mai 1998 au Festival de Cannes, dans l’ascenseur du Martinez, qui est tout petit. On était cinq. Il y avait Depardieu, son attaché de presse et deux autres personnes que je connaissais. Et là d’un coup, les portes se ferment, et sa main se pose sur mon entrejambe. Quand je vous dis qu’elle se pose… Il m’attrape l’entrejambe. Donc moi, je me colle autant que je peux sur la paroi. Il se retourne avec son air bonhomme, parce qu’il me tournait le dos et me dit : « Bah quoi, je peux pas te toucher le paquet ? Je lui dis : « Bah non, pas vraiment. » Et il recommence, il me colle et les autres étaient morts de rire."
À lire également
"On arrive au troisième étage, les portes s’ouvrent, il sort de l’ascenseur", poursuit Christophe Carrière. "Il se retourne… Moi je suis assez sidéré, c’est une forme de protection, je prends ça à la rigolade, mais je suis quand même sidéré. Il me dit : « Tu sais dans ce métier, un jour ou l’autre, on se fait enculer, donc le plus tôt c’est le mieux. » Et les portes se ferment." Par la suite, l’ancien acolyte de Cyril Hanouna explique avoir relaté à plusieurs reprises cette histoire sans se rendre compte de la gravité des faits : "Un an après, j’ai raconté l’anecdote à Carole Bouquet, qui était morte de rire et qui me dit : « Il fait ça, c’est une marque d’affection pour lui. C’est les gens qu’il aime bien. » Mais je ne le connais pas moi ! Après cette anecdote, je l’ai publiée quand je travaillais au magazine Première, en la racontant sur le ton de l’humour. En mars 2017, j’étais chroniqueur à Touche pas à mon poste, je l’ai racontée en direct à l’antenne et pareil, on était sous une forme d’humour."
Christophe Carrière a ainsi profité de sa prise de parole pour présenter ses excuses et en dénonçant l’attitude de Gérard Depardieu, mais aussi du milieu artistique : "Ce que je veux dire par là, c’est qu’à force qu’on en rigole tous, Depardieu, le monstre, c’est nous qui l’avons créé. Je voudrai faire un énorme, un gigantesque mea culpa, vis-à-vis de toutes les victimes. J’en ai parlé avec plusieurs personnes pour dire que nous tous, autant qu’on est, journalistes, artistes… En fait, c’est nous qui avons généré le monstre."