Le 25 février dernier, Jean-Michel Aphatie a déclenché une vive polémique en évoquant sur RTL la colonisation française en Algérie. Lors d’un débat sur les relations franco-algériennes, il a affirmé que l’armée française avait commis des massacres comparables à celui d’Oradour-sur-Glane, perpétré par les nazis en 1944. "On en a fait des centaines, nous, en Algérie. Est-ce qu’on en a conscience ?", a-t-il, notamment, lancé à l’antenne. Ses propos ont immédiatement suscité des réactions, notamment de Thomas Sotto, qui a contesté l’analogie : "Mais on n’a pas fait Oradour-sur-Glane en Algérie".
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Jean-Michel Apathie refuse de s’excuser
Jean-Michel Aphatie a alors insisté : "Les nazis n’existaient pas à l’époque, on ne s’est pas comportés comme eux. C’est eux qui ont agi comme nous l’avions fait en Algérie". Face à la controverse grandissante, RTL a annoncé le 5 mars qu’il serait temporairement retiré de l’antenne, jugeant ses propos "inappropriés" et "choquants pour de nombreux auditeurs". Amandine Bégot a précisé : "Jean-Michel ne souhaitant ni s’excuser ni revenir sur ses propos, la direction de RTL lui a donc demandé de se tenir, ce matin, en retrait de l’antenne".
Dans une interview à Arrêt sur images, Jean-Michel Aphatie a déclaré comprendre la décision de RTL tout en maintenant ses propos. Il s’est dit "ni meurtri, ni choqué" et a salué une gestion "intelligente" de la situation. Sur X, ex-Twitter, il a défendu ses positions en s’appuyant sur des historiens qui, selon lui, lui donnent raison. Il a aussi dénoncé une inégalité de traitement par rapport à Éric Zemmour, rappelant que malgré ses "provocations et remarques méprisantes", ce dernier n’a jamais été suspendu par une rédaction. "La liberté d’expression, beaucoup portée en écharpe ces derniers temps, s’apparente aussi à une vaste rigolade", a-t-il conclu.
Le journaliste réagit à sa "punition"
Alors que son retrait ne devait être que temporaire, le journaliste a finalement bien réfléchi et décidé de ne plus remettre les pieds chez RTL. Dans un long message posté sur X, dimanche 9 mars, il a ainsi expliqué sa décision : "Je ne reviendrai pas à RTL. C’est ma décision. Voici pourquoi. Il y a quinze jours, mes propos sur la colonisation algérienne ont créé le débat. La direction de la radio m’a dit avoir enregistré de nombreuses protestations de la part des auditeurs. Pour faire droit à l’émotion suscitée, il m’a été demandé de ne pas me présenter la semaine suivante, en m’indiquant que je serai le bienvenu, ensuite, pour continuer à défendre mes points de vue sur l’antenne".
"Si je reviens sur l’antenne de RTL…"
Jean-Michel Apathie a assuré avoir "compris et admis la démarche des dirigeants de RTL" et l’avoir même trouvée "équilibrée et respectueuse". S’il avait décidé de revenir à l’antenne, il n’en sera donc finalement rien car "confronté à ce qu’il faut bien appeler une punition", le chroniqueur a vu sa "perception de la situation" être modifiée. "Même décidée dans le cadre d’un dialogue serein et compréhensif, une punition reste une punition. Si je reviens sur l’antenne de RTL, je la valide, donc je reconnais avoir fait une faute. C’est un pas que je ne peux pas franchir", a-t-il assuré, ferme.
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Et de reprendre méticuleusement : "J’attache un prix particulier à la question de la présence française en Algérie entre 1830 et 1962. Je ne suis pas concerné personnellement. Ni mon père, ni mes oncles, ni d’autres membres de ma famille n’ont participé à la guerre d’Algérie. Je n’ai pas non plus de connexions ou de liens avec des Français rapatriés de ce pays. J’ai découvert cette histoire de manière banale (…) Ce que j’ai lu dans les livres écrits par des historiens méticuleux m’a horrifié".
"Les massacres de musulmans se sont succédés tout au long des 132 ans d’occupation. Un statut dit d’indigénat, appliqué à partir de 1881, a privé les premiers occupants de l’espace de tous droits et leur a imposé des servitudes archaïques et injustes. Chassés des terres les plus riches, ils ont végété dans l’extrême pauvreté. La scolarisation des enfants a été parcimonieuse. Tout ceci dresse un tableau indigne de la France au regard des valeurs d’humanité qui font sa réputation dans le monde", a poursuivi un Jean-Michel Apathie bien décidé à dire le fond de sa pensée.
Jean-Michel Apathie préfère tirer sa révérence
Ce dernier a regretté "l’absence de reconnaissance officielle par le colonisateur des traitements dégradants infligés à cette population" et c’est "pour cette raison seulement" qu’il refuse d’accepter d’être puni pour ses propos. "Je regrette la situation qui s’est créée. J’ai passé de belles années professionnelles à RTL. C’est une radio que j’aime. Mais c’est ainsi", a fait savoir le journaliste de Quotidien. Et de conclure : "Un jour, c’est mon espoir, la France, mon pays, conviendra de sa part d’inhumanité dans l’histoire".
Dans la foulée de cette prise de parole sur les réseaux sociaux, Jean-Michel Apathie a échangé quelques mots avec nos confrères du Parisien. Il leur a confié : "Je me suis dit que revenir à RTL, c’était accepter la sanction et donc reconnaître une faute qui n’existe pas à mon avis". Même si "un peu triste" de la polémique suscitée surtout qu’il "aime bien les dirigeants" de cette station radio, il ne compte pas revenir sur sa décision. "Le malheur que l’on a répandu, il faut le reconnaître à un moment. Des gens ont souffert de tout ça. Et moi, si je retourne toucher mon petit cachet, je suis infidèle à ces gens-là et à cette souffrance", a-t-il terminé en évoquant, une nouvelle fois donc, la colonisation de l’Algérie.
Je ne reviendrai pas à RTL. C’est ma décision. Voici pourquoi.
Il y a quinze jours, mes propos sur la colonisation algérienne ont créé le débat. La direction de la radio m’a dit avoir enregistré de nombreuses protestations de la part des auditeurs. Pour faire droit à l’émotion… pic.twitter.com/q8cE7M7Rok
— jean-michel aphatie (@jmaphatie) March 9, 2025