“Qu’il arrête de dire qu’il a été viré par une Arabe” : Rachida Dati évoque encore l’affaire Merwane Benlazar

Publié le 12 février 2025 à 15:01
ABACA
Après une unique chronique de Merwane Benlazar dans l'émission "C à vous" sur France 5, une polémique a fait rage sur les réseaux sociaux. Face aux accusations d'islamophobie de La France Insoumise, Rachida Dati s'est justifiée ce mardi à l'Assemblée nationale dans un échange tendu.

La ministre de la Culture a défendu sa position à l’Assemblée nationale suite à la polémique déclenchée par le passage de l’humoriste dans l’émission "C à vous". Entre accusations d’islamophobie et échanges tendus avec les députés LFI, retour sur une affaire qui cristallise les tensions.

La tempête Merwane Benlazar

Le 31 janvier dernier, Merwane Benlazar, chroniqueur habituel de France Inter, fait sa première apparition sur France 5 dans l’émission "C à vous". Sa chronique humoristique sur la Ligue des Champions déclenche rapidement une vague de réactions sur les réseaux sociaux, non pas sur le contenu de son intervention, mais sur son apparence physique et d’anciens messages publiés sur X. 

Face à ces critiques, l’humoriste a répondu avec ironie sur Instagram, notamment au sujet de sa tenue vestimentaire : “De la marque islamiste Zara, fabriqué en République islamique du Portugal. Glaçant.” 

La situation s’envenime lorsque Rachida Dati annonce devant le Sénat que l’humoristene sera plus à l’écran” et affirme : “Est-ce que des propos ont été tenus par ce chroniqueur qui sont scandaleux ? Oui. Donc suite à ces propos, France Télévisions en a tiré les conséquences.”

Un face-à-face tendu à l’Assemblée nationale

Interpellée ce mardi 11 février par la députée LFI Farida Amrani qui lui demande : “Êtes-vous désormais directrice des programmes de l’audiovisuel public ? “, la ministre de la Culture s’est vivement défendue. “Je veux redire : la liberté de recrutement et de choix des animateurs et des journalistes, c’est l’antenne et la production. Ça n’est pas moi”, a-t-elle souligné avant d’ajouter : “L’apparence, le physique, la tenue vestimentaire, ne doivent pas disqualifier sans aucun fondement.” 

Face aux interruptions des députés insoumis évoquant le cas d’Éric Zemmour, Rachida Dati a haussé le ton : “Non mais soit vous écoutez ma réponse, soit vous arrêtez ! C’est pas possible ! Je vous parle d’un humoriste, vous me parlez de Zemmour, on ne parle pas de la même chose !”

Une polémique qui s’enlise 

La situation s’est encore complexifiée après la diffusion d’une vidéo où Merwane Benlazar témoigne avoir reçu “ entre 10 et 15 insultes par minute” suite à son passage télévisé. Dans un sketch diffusé sur Instagram, l’humoriste ironise : “Hier, on lisait mes tweets au Sénat et j’ai été viré de mon poste de chroniqueur à la télévision par Rachida Dati, c’est beaucoup d’informations. Je savais que j’allais être viré un jour, par une Arabe, c’est chiant.”

Une remarque qui a provoqué la réaction cinglante de la ministre à l’Assemblée : “Là où je rejoins votre indignation : rien ne justifie une déferlante de haine, rien ne justifie le racisme, rien ne justifie l’essentialisation systématique. Juste pour conclure : faudrait aussi que l’humoriste arrête de dire qu’il a été viré par une Arabe.” Il est à noter que selon le groupe Mediawan, producteur de "C à vous", “Il était remplaçant one shot, il n’y a pas lieu de revenir ou pas.”

Par
Mélissa Tellaa