C’était en 2001. Faudel, alors au sommet de sa jeune carrière grâce à son deuxième album Samra, rejoint la célèbre troupe des Enfoirés à l’invitation de Jean-Jacques Goldman. Une consécration pour le "petit prince du raï", qui s’apprête à partager la scène avec les plus grandes stars françaises. Pourtant, cette expérience, censée être un rêve, s’est rapidement transformée en désillusion…
À lire également
Faudel revient sur sa mauvaise expérience au sein des Enfoirés
Dans les colonnes de Paris Match, le chanteur de 23 ans à l’époque se remémore cette parenthèse avec amertume : "Je suis arrivé porte de Saint-Cloud en voiture, je me suis garé devant les Trois Obus et je suis monté dans le bus où se trouvaient toutes les stars de l’époque". L’accueil qu’il y reçoit, lui, n’a rien de chaleureux… "Je ne me suis pas senti à ma place. J’étais regardé, observé. Pierre Palmade faisait des blagues racistes, Jean-Jacques lui avait gentiment demandé de changer de ton. Je me retrouvais là, alors que, dans les années 1990, mon père m’avait emmené manger aux Restos du cœur. Le contraste était violent. Peut-être trop", a-t-il analysé.
Un malaise d’autant plus fort que Faudel, profondément marqué par l’esprit solidaire des Restos du cœur, avait rejoint l’aventure avec sincérité mais ce sentiment d’injustice et de décalage l’a vite ramené à la réalité… Derrière les paillettes et la camaraderie affichée sur scène, il découvre une atmosphère lourde, où certains comportements tranchent avec l’esprit originel de la cause. Lors de sa brève participation à L’Odyssée des Enfoirés, Faudel partage pourtant la scène avec des artistes prestigieux et on le retrouve également sur l’album de la soirée, enregistré avec quarante-sept autres artistes. Mais malgré ces moments musicaux forts, le chanteur ne renouvellera pas l’expérience…
Le chanteur cash sur son burn-out
Mais voilà, plus de vingt ans après ses débuts, le chanteur de raï s’apprête à retrouver son public dans une nouvelle aventure musicale. Début janvier, il rejoindra la tournée I Gotta Feeling, un spectacle inspiré du concept de Stars 80, qui réunira plusieurs figures emblématiques de la fin des années 1990 et du début des années 2000. Pour Faudel, cette tournée symbolise bien plus qu’un simple retour à la scène, c’est une renaissance. L’interprète de Tellement N’Brick revient de loin, après avoir traversé une période de profonde remise en question…
"J’avais acheté un restaurant, Le Petit Yvan, rue Jean-Mermoz, où le Tout-Paris déjeunait ou dînait. Ça marchait très bien, mais c’était un gouffre financier, j’ai perdu beaucoup d’argent. Rien de mal à ça. Mais les journaux ont dit que j’étais devenu serveur ou vendeur de kebabs… Ce qui était totalement faux !", raconte-t-il aujourd’hui avec calme, comme pour remettre les pendules à l’heure. En 2011, épuisé par des années de pression et de malentendus médiatiques, il décide de tout quitter pour s’installer au Maroc.
Ce départ marque un tournant. "La pile était complètement déchargée. Je chantais depuis l’âge de 12 ans, et à 33 ans j’étais épuisé, cramé. J’ai laissé dire des choses sur mon compte, j’ai laissé faire, “de toute façon c’est la faute de Faudel”. C’était le prix à payer", confie-t-il avec lucidité. À Marrakech, loin du tumulte parisien, l’artiste retrouve peu à peu son équilibre. Loin des projecteurs, il reprend goût à la musique, travaille sur de nouveaux titres et se produit lors de galas et d’événements privés à travers le monde.