Hélène de Fougerolles est une actrice engagée et ne s’en cache pas. Elle soutient activement des associations telles que L214, qui dénonce les conditions d’abattage des animaux, et Les Maisons de Vincent, qui oeuvre pour les adultes autistes. A l’affiche de la saison 8 de "Sam, l’actrice s’est confiée lundi 28 avril dans La bande originale, sur France Inter. Depuis ses débuts dans les années 1990, Hélène de Fougerolles estime avoir eu de la "chance" d’avoir su traverser sans dommage "le champ de mines" qu’était alors l’industrie du cinéma, où de nombreux comportements déplacés étaient encore tolérés.
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L’actrice évoque l’ère pré-MeToo
Elle en a profité pour évoquer son parcours, bien avant l’émergence du mouvement #MeToo dénonçant harcèlement et agressions sexuelles. Elle est revenue sur certaines pratiques douteuses lors des auditions, et a confié : "On savait que ça faisait partie du truc", en référence aux castings où de jeunes actrices se retrouvaient "en petite culotte" ou placées dans des situations inconfortables pour obtenir un rôle… Hélène de Fougerolles a également parlé d’une expérience marquante : "J’ai rencontré (David) Hamilton, j’ai été prise pour son tournage […] et puis je me suis rendu compte qu’il fallait être à poil du début à la fin donc je suis partie en courant".
Et de préciser : "Il ne m’a jamais touchée ou proposé quoi que ce soit, mais je me suis retrouvée au Cap d’Agde avec lui et je voyais la façon dont les mères étaient ravies d’envoyer leurs gamines pour aller se faire photographier par ce type totalement malsain". Pour rappel, Flavie Flament a accusé David Hamilton de l’avoir violée lorsqu’elle avait 13 ans. Dans son livre publié en 2016, La Consolation, l’animatrice de télévision a raconté qu’à l’adolescence, alors qu’elle posait comme modèle, elle a été agressée sexuellement par un célèbre photographe, qu’elle a ensuite identifié publiquement comme étant David Hamilton… Elle a décrit un climat d’emprise, d’intimidation et de violence psychologique dans lequel l’agression a eu lieu.
Comment Hélène de Fougerolles a échappé à Harvey Weinstein
Durant sa carrière, Hélène de Fougerolles a également échappé à Harvey Weinstein, le producteur aujourd’hui déchu, accusé de multiples agressions sexuelles et de viols. À l’époque, son agent l’avait envoyée "en bas de l’hôtel" où Weinstein avait ses habitudes pour recevoir ses rendez-vous "dans sa chambre". "Donc j’y vais et là, il vous reçoit en peignoir… C’est pas cool quoi", a-t-elle raconté. Elle s’est alors souvenue de cet entretien : "Il m’explique que si je veux une carrière aux États-Unis, il faut que je sois sympathique avec le monsieur. Je lui dis que je ne suis pas du tout intéressée et il me dit ‘Bon bah voilà, au revoir’".
Un moment qu’elle décrit comme une expérience d’"humiliation", même si, précise-t-elle, "en même temps je me relève, parce que ça fait partie du truc". Elle a notamment cité Jean-Claude Brisseau, cinéaste aujourd’hui décédé : "C’était blindé de gros cochons, surtout quand on était gamines et qu’on voulait faire ce métier". À cette époque, il fallait, selon elle, soit "avoir un radar", soit savoir "esquiver". Heureusement, conclut-elle, "aujourd’hui on dénonce ça et c’est génial que ça n’existe plus".