“Nous ne sommes pas un tribunal populaire” : Olivier Véran tape du poing sur la table dans l’affaire Depardieu

Publié le 4 janvier 2024 à 16:21
Blondet Eliot/ABACA
Alors que les polémiques et les accusations ne cessent de s'accumuler autour Gérard Depardieu, Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, s'est exprimé sur l'affaire et a fait passer un message clair.

Le 25 décembre, une cinquantaine de personnalités, comme Carole Boquet, Gérard Darmon, Benoit Poelvoorde ou encore Carla Bruni, ont signé une tribune de soutien à Gérard Depardieu. La star est visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, et s’est retrouvé en pleine polémique après la diffusion d’un numéro de Complément d’enquête (France 2) qui lui était consacré. La cinquantaine de personnalité dénonce notamment un lynchage : "Nous ne pouvons plus rester muets face au lynchage qui s’abat sur lui, face au torrent de haine qui se déverse sur sa personne, sans nuance, dans l’amalgame le plus complet et au mépris d’une présomption d’innocence dont il aurait bénéficié, comme tout un chacun, s’il n’était pas le géant du cinéma qu’il est. Lorsqu’on s’en prend ainsi à Gérard Depardieu, c’est l’art que l’on attaque", ont-elles écrit dans un texte relayé par le Figaro. Cet engagement médiatique a créé une vague d’indignation, mais aussi des réponses d’autres personnalités ou artistes, bien décidés à s’en prendre aux signataires.

Auparavant, Emmanuel Macron s’était lui aussi exprimé sur la situation du comédien, notamment après la diffusion d’un numéro de Complément d’enquête (France 2) consacré à l’acteur. Le Président de la République avait alors semblé prendre parti pour la star. "Je suis un grand admirateur de Gérard Depardieu. C’est un immense acteur, il a servi les plus beaux textes. Lui aussi est un génie de son art complet. Il a fait connaitre la France, nos grands auteurs et personnages dans le monde entier et je le dis en tant que président de la République et citoyen : il rend fière la France. Je continuerai de me battre mais j’aime que ce soit fait dans le bon ordre, avec le respect de nos valeurs. Dans nos valeurs, il y a la présomption d’innocence. (…) Vous ne me verrez jamais dans une chasse à l’homme (…) Quand tout le monde tombe sur le même homme, sur la base d’un reportage, sans même qu’il ait la possibilité de se défendre… Pour moi, c’est non", avait-il déclaré sur le plateau de C à vous (France 5).

Ce jeudi 4 janvier, Olivier Véran était invité dans la matinale de BFMTV et RMC. Face à Apolline de Malherbe, le porte-parole du gouvernement a évoqué l’affaire Depardieu et a tenu à faire passer un message clair. "Les propos tenus par Gérard Depardieu dans ce reportage (Complément d’enquête, ndlr) tel que je l’ai vu, ces propos me choquent. Et j’ai une pensée pour les personnes qui se sont senties offensées, qui sont victimes. J’entends aussi qu’il y a des personnes qui ont porté plainte contre Gérard Depardieu, la personne, pas l’acteur, contre lui, parce qu’elles estiment avoir été victimes de violences et qu’elles demandent une réparation. Lorsque la justice est saisie, c’est à elle de trancher, pas à vous et pas à moi. Nous ne sommes pas un tribunal populaire", a-t-il expliqué.

Par
Aurélien Gaucher