Ce qui aurait pu rester une banale rupture amoureuse entre deux influenceuses est en train de se transformer en véritable affaire d’État. Depuis le 18 août, Emma Paris, anciennement connue sous le pseudonyme Emma CakeCup sur YouTube, raconte dans une longue vidéo sa séparation douloureuse avec sa fiancée Clara, alias JustPyramid, après sept mois d’incarcération. Mais au-delà de l’histoire sentimentale, ce sont les révélations concernant une détenue radicalisée, fichée S, qui enflamment les réseaux sociaux… jusqu’à faire réagir Gérald Darmanin, ministre de la Justice.
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Une histoire d’amour qui vire au cauchemar
Emma Paris explique être tombée sous le charme de Clara en décembre 2023. "C’est le coup de foudre, je tombe immédiatement amoureuse d’elle. Notre histoire continue, tout se passe extrêmement bien", confie-t-elle dans sa longue vidéo postée sur Instagram et à travers laquelle l’émotion est palpable. Mais tout bascule en janvier 2025. Après une double perquisition très violente à leur domicile, Clara est placée en garde à vue puis incarcérée à la maison d’arrêt de Carquefou, près de Nantes, pour trafic de stupéfiants et blanchiment d’argent.
Emma raconte avoir vécu cet épisode comme un traumatisme : "Moi je dois lever les mains, je suis nue devant 30 hommes. Clara est au sol par terre. Voilà, ça a été déjà une première perquisition extrêmement dure à vivre. C’est un traumatisme qui restera à vie". Malgré tout, elle choisit de rester auprès de sa compagne coûte que coûte. Elle raconte : "Je ne pensais jamais vivre ça dans ma vie, mais j’étais prête à l’affronter pour Clara parce que je l’aime plus que tout". Durant sept mois, elle se rend deux fois par semaine au parloir, dort seule à l’hôtel, envoie entre 100 et 200 euros par semaine pour l’aider. "J’ai tout fait pour elle, tout fait bien", insiste-t-elle d’ailleurs.
La trahison révélée
À la libération de Clara, le 14 août dernier, Emma espère enfin pouvoir tourner la page de ces mois douloureux. Mais très vite, elle découvre que sa fiancée est en contact avec une autre femme, rencontrée derrière les barreaux, une certaine Lise, une détenue incarcérée depuis plusieurs années, fichée S et soupçonnée de radicalisation. "Je me rends compte que même pas 12 heures après sa sortie, Clara a pris contact avec cette Lise. Jeudi 14 août à minuit, elle discutait déjà avec Lise", révèle-t-elle, encore "horrifiée".
Emma explique avoir tenté à plusieurs reprises de convaincre Clara de couper les ponts : "Je lui dis écoute cette jeune fille nous a posé problème toute ton incarcération, ça me dérange que tu lui parles, en plus elle est incarcérée, elle a un téléphone, je veux pas que tu parles avec cette nana". Mais Clara aurait refusé. Et après plusieurs heures de discussions, elle finit par avouer : "Je suis amoureuse d’elle". Pour Emma, la douleur est insupportable : "C’est la trahison ultime, jamais de ma vie je pensais vivre quelque chose comme ça. (…) Je veux plus jamais être associée à cette personne et aujourd’hui je demande juste à Dieu d’alléger mes souffrances et mes douleurs".
Les zones d’ombre qui interpellent
Au-delà du drame intime, les propos d’Emma soulèvent des questions bien plus larges… Comment une détenue radicalisée a-t-elle pu nouer une relation amoureuse en prison ? Pourquoi n’était-elle pas placée à l’isolement ? Et surtout, comment a-t-elle eu accès à un téléphone portable ? "Je ne comprends pas pourquoi cette jeune femme n’est pas placée en isolement. Ça fait plus de trois ans qu’elle tourne à la prison de Carquefou, elle n’est toujours pas jugée", déplore Emma dans sa vidéo, visionnée plus de 3 millions de fois. Ces révélations ont déclenché une vague de réactions sur les réseaux sociaux, beaucoup s’indignant de la situation et dénonçant une faille grave dans le système carcéral.
Gérald Darmanin saisit l’affaire
Face au tollé, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réagi dès le 19 août, en marge d’un déplacement à la prison de Nîmes. "J’ai demandé une enquête administrative pour savoir si les faits sont vrais (…) et on la rendra publique", a-t-il assuré. Et d’appeler à la prudence : "Pour l’instant, je ne peux pas les confirmer mais je rappelle qu’il y avait, il y a quelques mois, une rumeur sur l’un des auteurs des attentats terroristes, monsieur Salah Abdeslam, qui avait pu se marier en prison et mettre enceinte sa conjointe. (…) Il faut faire attention aux rumeurs". Cette rupture, exposée sur la place publique, met aujourd’hui en lumière des failles potentielles dans l’administration pénitentiaire et soulève des interrogations sécuritaires…