Plus d’un mois après le décès brutal de Werenoi, survenu le 17 mai à l’âge de 31 ans, l’émotion a laissé place à un climat de plus en plus tendu. Originaire de Montreuil, Jérémy Bana Owona s’était imposé en quelques années comme une figure montante du rap français. À l’annonce de sa disparition, son producteur Babiry Sacko, dit Babs, avait réagi ainsi sur X, ancien Twitter, par un message sobre : "Repose en paix mon frère, je t’aime !!!".
Un million d’euros en jeu
Mais depuis, un conflit juridique est venu troubler les hommages… Le 23 juin passé, un communiqué de l’avocat Mourad Battikh, relayé par Le Parisien, a officialisé l’ouverture d’un bras de fer judiciaire entre les proches de Werenoi et Fatima Ben Jelloul, une femme initialement présentée comme sa compagne. "Le Label PLR Music ainsi que l’épouse de Monsieur Jérémy OWANA BANA, alias Werenoi, agissant en son nom personnel et en sa qualité de représentant légal de leurs enfants, ont saisi mon cabinet à la suite du décès de l’artiste survenu le 17 mai dernier en raison d’un différend avec Madame Fatima Ben Jelloul", écrivait Me Battikh.
Au cœur du litige ? Une somme d’un million d’euros, placée sur un compte bancaire à Dubaï. Selon l’avocat, "Madame Fatima Ben Jelloul détient injustement sur un compte bancaire à Dubai une somme d’un million d’euros appartenant à Werenoi et désormais destinée à ses enfants". Malgré plusieurs tentatives pour résoudre le différend à l’amiable, aucune solution n’a été trouvée. "Madame Fatima Ben Jelloul s’oppose à toute restitution et préfère diffamer les proches de Werenoi dans la presse", avait alors affirmé Me Battikh. Dans ce climat explosif, Fatima Ben Jelloul a déposé plainte pour agression.
Fatima Ben Jelloul porte plainte pour agression
Selon ses déclarations à la police, elle aurait été frappée par Babiry Sacko et trois autres hommes dans un bar à chicha de Montreuil dans la nuit du 21 au 22 mai, quelques jours après la mort du rappeur. Elle affirme qu’on lui aurait confisqué son passeport et que les violences faisaient suite à un rendez-vous où "Babs" lui aurait réclamé l’accès à la somme déposée à Dubaï. Des examens médicaux ont confirmé plusieurs jours d’ITT. Une seconde plainte pour cyberharcèlement a aussi été déposée après de nombreux messages hostiles à son encontre. De son côté, le producteur accuse la plaignante d’escroquerie, affirmant vouloir récupérer les fonds pour les enfants du rappeur.
"L’entourage de Werenoi s’interroge désormais sur les circonstances de son décès. Ils attendent que l’institution judiciaire, dans laquelle ils placent toute leur confiance, se saisisse de l’affaire et fasse la lumière sur les faits dénoncés", poursuit le communiqué. Et Me Battikh de conclure : "C’est la raison pour laquelle ce communiqué voit le jour : rétablir la vérité, l’honneur et la dignité des personnes concernées, et empêcher toute réécriture mensongère et malhonnête des jours ayant précédé et suivi la mort de l’artiste. […] Dans cette attente, ils invitent à nouveau Madame Fatima Ben Jelloul à restituer aux enfants de Werenoi la somme escroquée et indûment conservée".
L’avocat du producteur de Werenoi prend la parole
Dernier rebondissement en date ? Babiry Sacko a été placé en garde à vue mercredi 30 juillet dernier, avant d’être déféré ce vendredi devant le parquet de Bobigny, comme l’a révélé Le Parisien. À l’issue de 48 heures de garde à vue, il a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bobigny, placé sous contrôle judiciaire, pour répondre de "violences en réunion" et "provocation à commettre un délit par un moyen de communication". Il sera jugé le 24 octobre 2025. "Mon client est victime dans ce dossier. Nous avons pleine confiance en la justice, pour faire la part des choses, trier le grain de l’ivraie et établir les responsabilités", a déclaré Me Battikh au Parisien.
Il a également annoncé une contre-attaque judiciaire : "Des plaintes ont été déposées à Paris et à Dubaï. Il s’agit d’actions coordonnées, destinées à permettre la traçabilité des fonds, leur saisie le cas échéant, et surtout leur restitution à ceux à qui ils reviennent de droit : les enfants de l’artiste Werenoi. Nous poursuivrons cette quête de vérité et de justice avec fermeté, loyauté, et dans le respect des principes de droit". Affaire à suivre.