Patrick Lefevere est réputé pour sa franchise à toute épreuve. Ces derniers temps, le manager de la formation Soudal Quick-Step s’était distingué pour avoir été l’auteur de plusieurs sorties à charge à l’encontre de Julian Alaphilippe. Le Belge reprochait entre autres au coureur français de ne pas avoir des résultats satisfaisants compte tenu de son salaire : "Je veux qu’il se reprenne. Il me doit une revanche. Julian a un salaire de champion mais il doit confirmer qu’il en est toujours un. Qu’il ne soit plus champion du monde, je m’en fiche, mais ces dernières années, il n’a pas gagné grand-chose. Oui, il a eu beaucoup de malchance, mais ce sont toujours les mêmes qui sont chanceux et les mêmes qui ont la poisse…"
Ce jeudi 16 février, Patrick Lefevere a accordé un entretien au média belge De Krant van West-Vlaanderen. Le manager de la Soudal Quick-Step s’est ainsi exprimé sur de nombreux sujets, comme la montée en puissance du cyclisme féminin. Un gain de popularité qui ne semble pas convaincre pour le moment l’homme de 68 ans : "Je crois définitivement et fermement au potentiel du cyclisme féminin, ne vous méprenez pas. Mais en ce moment, il est poussé artificiellement. Prenez par exemple le salaire minimum : dans le WorldTour, il est de 60 000 euros sur une base annuelle, le même montant que chez les hommes. Ce n’est pas acceptable." Pourtant, d’après le règlement de l’Union cycliste internationale (UCI), en 2023, le salaire annuel minimum des coureuses appartenant à une équipe WorldTour féminine (correspondant au plus haut niveau de cyclisme sur route, ndlr), serait plutôt de 32 102 euros. En 2024, cela devrait monter à 35 000 euros, pour ensuite atteindre 38 000 euros en 2025.
À lire également
Pour Patrick Lefevere, certaines membres du peloton ne mériteraient pas de percevoir de tels émoluments : "Tant mieux pour elles, mais il y a des coureuses qui ne valent pas du tout ce montant. Sur le Tour de France Femmes l’an dernier, par exemple, ils ont dû augmenter le temps limite car sinon la moitié du peloton serait arrivée en dehors des délais. Vous ne payez pas 60 000 euros pour quelqu’un qui ne peut même pas suivre, n’est-ce pas ? Il y a certainement des coureuses qui gagnent ce montant, et certaines bien plus, mais aujourd’hui, le sommet du cyclisme féminin n’est tout simplement pas assez homogène pour justifier ce salaire minimum." Alors qu’il dirige lui-même une formation féminine de cyclisme évoluant au niveau Continental, Patrick Lefevere estime qu’il faut laisser du temps à la discipline pour se développer : "Si vous voulez le faire, faites-le bien. Sinon, mieux vaut ne pas commencer. Ça va prendre du temps et il va falloir construire, mais à long terme on sera aussi au sommet chez les femmes."
N.O