La parole continue de se libérer dans le monde du cinéma. Après Judith Godrèche qui a décidé de lever le voile sur ce qu’elle a vécu avec Benoît Jacquot et Jacques Doillon, c’est au tour de l’actrice Sarah Grappin de sortir du silence pour pointer du doigt un autre célèbre réalisateur.
La comédienne s’est confiée dans L’Obs sur "la relation d’emprise qui la liait au réalisateur Alain Corneau rencontré en 1994", alors qu’elle n’avait que 16 ans et lui déjà 52. Après avoir gardé le silence toutes ces années, Sarah Grappin a décidé de suivre le chemin tracé par Judith Godrèche et de dire sa vérité. La comédienne raconte ainsi comment le tournage du Nouveau Monde, son premier film dans lequel elle était dirigée par Alain Corneau, a fait naître une vraie emprise entre eux.
Elle raconte ainsi à nos confères avoir été embrassée pour la première fois par le réalisateur pendant le tournage de ce film dans lequel elle donnait la réplique à Guy Marchand ou encore Dany Brillant. Evoquant une scène dans laquelle son personnage devait embrasser son petit-ami, Sarah Grappin explique : "L’indication de jeu, c’était de lui bouffer ses amygdales. Et c’est exactement ce qu’il (Alain Corneau, ndlr) venait de me faire."
Cette relation d’emprise "émaillée de viols" dure un an et demi, affirme-t-elle en racontant qu’Alain Corneau s’affiche avec elle dans des cafés, au cinéma ou encore au restaurant. "Il m’appelle sur le fixe. Mes parents trouvent ça bizarre, mais ils sont flattés (…) Il m’embrasse à pleine bouche devant la Librairie de Paris ou dans le métro, et, même à l’époque, pourquoi personne n’intervient ?. J’ai 16 ans et lui 52, c’est forcément un rapport vertical", dénonce-t-elle.
La réaction de Nadine Trintignant, la veuve d’Alain Corneau
Elle ajoute aussi avoir été invitée à plusieurs reprises chez lui. La comédienne accuse le réalisateur de l’avoir pénétrée digitalement à trois reprises, deux fois dans la voiture d’Alain Corneau et une fois chez lui. "Il m’a accueillie en sari indien, il s’est assis en tailleur et m’a mise à califourchon sur lui. Il m’a pénétrée avec ses doigts devant, derrière, et il a dit qu’on n’irait pas plus loin", se souvient-elle.
"Le travail des dernières années a été de sortir du déni", confie Sarah Grappin en précisant s’être racontée "une grande histoire d’amour pour survivre". C’est après la mort du réalisateur en 2010 qu’elle prend conscience de la vraie nature de cette relation. Et aujourd’hui, elle tient à médiatiser ce qu’elle a vécu pour "dénoncer l’impunité et les dégâts".
Veuve d’Alain Corneau, Nadine Trintignant n’a pas tardé à réagir à ce témoignage. "Ces bêtises-là, j’en entends de tous les côtés, pas du tout sur Alain, mais sur plein de gens et je ne veux pas participer à tout ça. Tout ça est ridicule. Ce n’est pas contre vous, mais c’est contre la façon que les gens ont de dire n’importe quoi. Je n’ai pas envie qu’on dise n’importe quoi, surtout sur mon mari, qui est mort et ne peut plus se défendre », déclare-t-elle à L’Obs.
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