Malgré une riche filmographie qui l’a conduit à être dirigé aussi bien par Gérard Oury (Le Cerveau) que par Bertrand Blier (Notre histoire), Jacques Demy (On ne meurt que deux fois), Claude Lelouch (La Belle Histoire, Chacun sa vie, L’Amour c’est mieux que la vie et Il y a des jours…et des lunes) ou encore par Alain Berbérian (La Cité de la peur), Gérard Darmon ne compte que deux nominations aux César. Il a été nommé les deux fois pour le prix du meilleur acteur dans un second rôle, la première fois en 1987 pour 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix puis en 2003 pour Astérix et Obélix mission Cléopâtre d’Alain Chabat.
Et les deux fois, il est reparti bredouille, ce qui a le don de l’énerver. « Sur le moment, ça me fait chier oui », reconnait-il dans un entretien accordé à Paris Match. Soulignant que tout le monde, à l’époque, voulait que « Jamel Debbouze obtienne un César », le comédien explique pourquoi, selon lui, le prix n’est revenu à aucun des deux héros du film d’Alain Chabat. « Mais c’était évident que, si nous étions deux acteurs du même film nommés dans deux catégories différentes, il ne l’aurait pas. Et c’est ce qui s’est passé. Ils l’ont filé à Bernard Le Coq… comme son nom l’indique ».
S’il est philosophe sur mon manque de César pour Astérix et Obélix mission Cléopâtre, il est un peu plus amer en évoquant sa non nomination pour Les Princes de Tony Gatlif. D’autant plus que l’actrice qui jouait sa femme a elle été citée alors qu’elle « n’avait que deux scènes et demie ». « Moi, rien du tout, j’ai les boules ». Même déception lorsque Le Roman de Lulu, la pièce qu’il jouait en 1997 avec Sandrine Kiberlain, est nommée 8 fois aux Molière sans qu’il soit en lice pour une statuette. « Je finis par me dire que le métier m’envoie de messages quand même », avance-t-il. Ce manque de distinction est, à son sens, lié à la manière dont il est perçu par ses pairs. « Mon attitude envers la profession était mal perçue, on me disait arrogant, agressif avec les critiques », reconnaît-il ainsi.
Dans cet entretien publié dans le nouveau numéro de Paris Match en kiosque ce jeudi, Gérard Darmon revient par ailleurs sur son clash très médiatisé avec Edwy Plenel. Une polémique qui est pour lui un « non-événement ». « On n’a donc plus le droit dans ce beau pays qu’est le nôtre, libre, démocratique, de dire non à quelqu’un qui dit oui ? Est-ce un crime de lèse-majesté de dire à Edwy Plenel “Monsieur je ne suis pas d’accord avec vous, je ne suis pas d’accord avec vos méthodes” ? », s’agace-t-il avant d’en remettre une couche. « Pourquoi Mediapart est en cheville avec les procureurs ? Pour essayer de rendre la République un peu plus propre ? Mais balayez déjà devant votre porte ! »
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Clara Kolodny