"Quand tu vois la chaîne aujourd’hui, tu te demandes comment elle peut porter le même nom", a déclaré Omar Sy il y a quelques jours à propos de Canal+ dans La Tribune dimanche. Mais malgré tous les changements survenus ces dernières années, certains visages sont restés fidèles comme Mouloud Achour ou encore Antoine de Caunes, qui n’a jamais quitté la chaîne depuis sa création en 1984. Ce lundi 4 novembre, il sera d’ailleurs aux commandes de l’émission spéciale qui fêtera les 40 ans de Canal+.
Antoine de Caunes défend son choix de rester sur Canal+
Cette semaine dans Télérama, Antoine de Caunes a répondu aux questions que certains se posent quant à sa fidélité à Canal+ malgré les polémiques qui collent à la peau du groupe depuis l’arrivée de Vincent Bolloré en tant qu’actionnaire majoritaire : "On est dans un monde capitaliste assez brutal, et parfois ça se voit plus que d’autres. Je me méfie de la ‘moraline’ ambiante. Je ne peux pas me sentir coupable ou complice de ‘crimes’ que je n’ai pas commis. Je n’ai pas l’impression d’enfreindre une ligne morale ou d’avoir changé ma nature pour pouvoir continuer d’exister dans un système qui serait à l’opposé de ce que je suis. Je travaille pour Canal+, qui fait partie d’un groupe où il y a d’autres chaînes avec des directions différentes. Je suis dans le navire amiral, je n’ai jamais été du côté des extrêmes. (…) Vous connaissez des gens du cinéma qui ne travaillent pas avec Canal ? Moi pas. Sont-ils pour autant les cautions d’un système ?". En 2019, il reconnaissait toutefois avoir hésiter à quitter la chaîne.
La fois où Antoine de Caunes a rencontré Vincent Bolloré
Ce capitalisme impitoyable, Antoine de Caunes en a fait lui-même les frais en 2015 lors de son remplacement par Maïtena Biraben dans Le Grand Journal deux ans après son arrivée à la tête du talk show. Les audiences en ont alors pris un coup, et le programme a été enterré deux saisons plus tard. Il raconte avoir très mal vécu cette décision : "Je le prends de manière très violente. Je demande alors un rendez-vous à Vincent Bolloré pour qu’il m’explique. Une heure en tête-à-tête. C’est la seule fois de ma vie que je l’ai vu". Mais Antoine de Caunes bénéficie-t-il de la même liberté qu’auparavant ? Pas sûr, selon l’humoriste Charline Vanhoenacker, qui fait une révélation sur les coulisses de L’émission d’Antoine diffusée de 2015 à 2017. "À la suite d’une de mes chroniques où j’égratignais Bolloré, Antoine m’a dit qu’il y avait désormais des fléchettes sur mon portrait à Canal, et que ça ne se ferait pas. Je l’ai beaucoup chambré avec ça", balance-t-elle dans Télérama.