Affaire Patrick Poivre d’Arvor : deux plaignantes demandent la levée du délais de prescription

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:28
Starface
Accusé de viols et d'agressions sexuelles par une vingtaine de femmes, Patrick Poivre d’Arvor fait face à un nouveau rebondissement judiciaire. Ce vendredi 15 novembre, deux plaignantes demandent la levée du délais de prescription pour des faits remontant aux années 2000, en s’appuyant sur le principe de sérialité des agressions.

L’affaire Patrick Poivre d’Arvor (PPDA) continue de secouer le paysage médiatique et judiciaire français. Ce vendredi 15 novembre, deux plaignantes ont décidé de relancer leurs accusations en contestant la prescription. Soutenues par leur avocate, elles réclament une constitution de partie civile pour obtenir la levée de la prescription des faits des viols commis au début des années 2000 dont elles accusent l’ancien journaliste de TF1. Selon des informations rapportées par RTL, les deux femmes appuient leur demande sur un principe clé : la sérialité des agressions. Les plaignantes se réfèrent à l’affaire de Dino Scala, surnommé le violeur de la Sambre, pour défendre leur demande. Ce dernier, condamné en 2022 à 20 ans de réclusion pour 54 viols et agressions sexuelles, avait bénéficié d’une levée de prescription.

La justice avait considéré que la répétition des actes, commis selon un mode opératoire identique, justifiait cette décision exceptionnelle. En procédant ainsi, les plaignantes souhaitent obtenir gain de cause en démontrant que l es accusations portées contre Patrick Poivre d’Arvor sont décrites par plusieurs femmes comme ayant des similitudes frappantes dans leur déroulé. Selon leur avocate, cette stratégie vise à ouvrir la voie à une analyse juridique plus approfondie de ces affaires, tout en soulignant la nécessité de réexaminer les délais de prescription dans les affaires des violences sexuelles. Pour rappel, la prescription en matière de violences sexuelles reste un sujet sensible en France. Depuis 2017, la loi a allongé le délai pour porter plainte, le faisant passer de 20 à 30 ans après la majorité de la victime pour les viols sur mineurs. Mais pour les adultes, le délai reste fixé à 10 ans.

Le un mode opératoire de PPDA 

L’affaire PPDA a éclaté en 2021 avec les accusations de Florence Porcel. L’auteure et journaliste accusait l’ancien visage phare de TF1 de viols remontant à 2004 et 2009. Si ces plaintes avaient initialement permis de lancer une enquête, la justice s’était heurtée à la prescription pour plusieurs faits rapportés par une vingtaine d’autres femmes. Mais au fil des mois qui ont suivi, de nouveaux témoignages similaires ont émergé. Dès lors un comportement répétitif de la part de Patrick Poivre d’Arvor, avec un mode opératoire semblable est décrit par les nombreuses présumées victimes : des propositions professionnelles qui dégénèrent en agressions sexuelles ou des rendez-vous en privé où la contrainte sexuelle aurait été exercée. 

Dans cette affaire PPDA, la prescription a empêché d’examiner de nombreux témoignages. Dès lors, certains juristes et de nombreuses associations de défense des droits des femmes plaident pour une évolution de cette législation. Ces dernières demandent que les mécanismes psychologiques qui freinent les victimes à dénoncer ces faits, parfois des décennies après les agressions, soient pris en compte pour mieux répondre à ces situations. De son côté, Patrick Poivre d’Arvor nie fermement toutes les accusations. L’ancien journaliste dénonce une campagne de "dénigrement orchestrée". 

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